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De Quevilly au FCN, Pallois ou l'histoire d'une coupe de tous les possibles

Nantes-Nice : « La Coupe de France m’a lancé dans le monde pro… » De Quevilly au FCN, Nicolas Pallois, une histoire de coupe

FOOTBALLDu CFA à la Ligue 1, le parcours de Nicolas Pallois comme footballeur professionnel a débuté avec la Coupe de France. Le joueur revient sur cette trajectoire atypique avant une finale qu’il avait effleurée en tant qu’amateur
Pierre-Alexandre Aubry

Pierre-Alexandre Aubry

L'essentiel

  • Nicolas Pallois disputera sa première finale au Stade de France ce samedi face à Nice.
  • Avant de vivre du football, il avait connu une épopée en Coupe de France avec Quevilly. Un parcours qui lui a valu un ticket chez les pros.
  • Le joueur parle de la Coupe de France comme « un tremplin » pour lui.

«On avait fait un gros match mais on est passés à côté de l’exploit. » Les souvenirs sont encore vifs dans l’esprit de Nicolas Pallois. Celui qui compte aujourd’hui plus de 400 matchs professionnels est d’abord passé par la petite porte, avant de devenir un indétrônable du FC Nantes. Tout commence en 2010 pour le natif d’Elbeuf. L’US Quevilly, alors pensionnaire de CFA, réalise un parcours exceptionnel en Coupe de France. Le fameux parcours d’un Petit Poucet, créant la surprise tour après tour. Angers, alors en Ligue 2, puis Rennes et Boulogne sont dégagés de la compétition par l’USQ.

Sur son côté gauche, le jeune Pallois fait parler sa puissance. Au-dessus du lot, le Normand crève l’écran. Au point d’attirer les convoitises de nombreux clubs de Ligue 1. Le parcours de Quevilly est stoppé aux portes de la finale, dans un stade Michel-d’Ornano prêt pour l’exploit. Face au Paris-Saint-Germain de Giuly, Hoarau et Sakho, les amateurs sont à deux doigts de valider leur ticket pour le Stade de France. Défaite 1-0. Mais pour le jeune Pallois, alors âgé de 22 ans, c’est une nouvelle aventure qui commence. Celle du football professionnel. « J’ai eu des petites touches après la demi-finale, même peut-être avant et il fallait faire le tri, déjà par rapport aux agents. » Il découvre alors tout un monde qui s’ouvre à lui. « C’est la Coupe de France qui m’a lancé dans le monde professionnel. Sans cela, j’aurais peut-être eu des opportunités en National à la limite. Mais la Coupe de France m’a permis d’avoir ce tremplin qui fait que j’ai signé tout de suite en Ligue 1 », raconte-t-il aujourd’hui.

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Une prise de conscience

Plusieurs clubs français sont sur les tablettes. C’est Valenciennes qui remportera finalement la mise. « J’étais proche de Régis Brouard et on en a discuté. C’est quelqu’un que j’aime beaucoup. Il m’a aidé à prendre la meilleure décision ». Il faut dire que le jeune footballeur n’est pas tout à fait conscient d’un possible avenir professionnel. A l’époque, le défenseur est aussi menuisier. En CDI, l’opportunité du monde pro lui semble quelque peu abstraite, lointaine. Nicolas Pallois joue au foot. Pour le plaisir, surtout. « Le plus dur, c’était de réaliser que je pouvais faire quelque chose dans le football. »

Nicolas Pallois Quevilly
Nicolas Pallois Quevilly - R.Francois/AFP

Pourtant bien conscient de ses facilités au niveau CFA, le Normand ne se prend pas la tête. Et fait ce qu’il sait faire de mieux : jouer. « Je jouais au foot sans me rendre compte de beaucoup de choses. Que ce soit contre Paris ou en CFA, ça ne changeait pas grand-chose pour moi », indique-t-il celui que les supporteurs surnomment désormais Monsieur Propre. Car les cheveux gominés de l’époque ont laissé la place à un crâne parfaitement rasé. La barbe a pris le dessus sur le collier.

« Avec 15 ans de recul, oui, c’est magnifique ! »

Pour ses débuts professionnels à Valenciennes, il fait près de quinze matchs de Ligue 1 la saison suivante. « C’était déjà beau », estime Pallois. Il rejoint ensuite Laval en prêt, puis deux ans à Niort. Et enfin Bordeaux. La suite, tout le monde la connaît. Une signature à Nantes à l’été 2017. Des hauts, des bas, des changements d’entraîneurs… Le défenseur vit alors les barrages après une saison 2020-2021 plus que galère. Aujourd’hui, il s’apprête à vivre ce qu’il a touché du bout des doigts en 2010 : une finale au Stade de France. Mais le colosse garde les pieds sur Terre.

« Avec 15 ans de recul, oui, c’est magnifique ! Il y en a beaucoup qui sont en centre de formation et pour qui ça ne passe pas par la suite. C’est le foot qui est comme ça. Il faut prendre du plaisir où il y en a. Aujourd’hui, je suis l’ancien du vestiaire ! C’est une roue. Il faut profiter sur le terrain et avec les supporteurs. Ce plaisir, c’est la priorité. »

Nicolas Pallois devrait être absent un mois après sa blessure à Troyes.
Nicolas Pallois devrait être absent un mois après sa blessure à Troyes.  - F. Nascimbeni/AFP

Après une demi-finale à la Beaujoire face à Monaco dans « une ambiance extraordinaire », celui qui vient de prolonger son bail de deux ans au FCN entend « rééditer » l’expérience au Stade de France. Après cinq saisons passées chez les Jaune et Vert, Pallois est un amoureux du FC Nantes. Et les supporteurs le lui rendent bien. Un sentiment partagé par le joueur, qui est un des chouchous de la Beaujoire. « Ah ça, je ne sais pas… Si je marque en finale, peut-être bien ! », sourit-il. Difficile de creuser plus dans la carapace d’un homme plutôt réservé face aux médias. Mais son envie de vaincre et de soulever le trophée, elle, est palpable. « Maintenant, il faut jouer ce match face à Nice et ramener un titre. » Le menuisier de Quevilly en a rêvé. Le footballeur du FC Nantes l’a fait. La magie de cette « coupe de tous les possibles. »