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Marc Mimram: «Conserver l'esprit de Roland-Garros»
TENNIS•L'architecte qui a conçu les plans du futur Roland-Garros espéré par la Fédération nous détaille son projet...Propos recueillis par Matthieu Goar
Depuis des années, par peur que Roland-Garros ne perde son statut de Grand Chelem, la Fédération française de tennis agite ciel et terre pour que le tournoi parisien se dote de nouvelles infrastructures à quelques centaines de mètres de l'emplacement actuel. A défaut d'obtenir l'aval des autorités (le permis de construire n'est pas encore délivré), la FFT a déjà sélectionné les plans. C'est le projet du cabinet de Marc Mimram qui a été retenu. Atmosphère, lumière, toit rétractable, confort des joueurs, l'architecte revient pour 20minutes.fr sur sa vision du futur Roland-Garros.
Comment avez-vous pensé le futur Roland-Garros?
En discutant avec les joueurs, nous nous sommes rendu compte que chaque tournoi possédait son atmosphère. A Flushing Meadow (le site de l'US Open, ndlr), il y a du bruit, des cris, les gens se lèvent. C'est une ambiance «à l'américaine», si l'on peut dire. A Roland-Garros, je me suis rendu compte de l'importance du soleil et de la luminosité. Notre projet imagine des tribunes asymétriques. Celle exposée au sud par exemple, sera très grande. Celle située à l'ouest sera plus basse pour laisser entrer la lumière rasante du soir. Les joueurs nous ont aussi parlé de l'acoustique de Roland-Garros. Nous avons essayé d'y travailler. Il faut conserver l'esprit du tournoi tout en le faisant entrer dans le XXIe siècle.
Comment agrandir sans tomber dans le gigantisme?
Le central fera 15.000 places. A Melbourne ou à l'US Open, ils font plus de 20.000 places. Mais par exemple, à New York, on a l'impression de monter une échelle de pompier pour accéder à certaines places. Nous avons beaucoup réfléchi à ce problème. La pente des gradins du nouveau central s'inspire de celui du court Philippe Chatrier (le terrain où se jouent les finales actuellement, ndlr) tout en essayant de ne pas faire un Central trop large.
Parlez-nous du toit rétractable...
Un toit doit s'adapter aux exigences du tournoi. A Melbourne, il est pensé pour protéger de la chaleur. A Wimbledon, de la pluie. Celui de Roland-Garros s'ouvrira très vite (moins de 10 minutes) pour gérer les alternances de beau temps et de mauvais temps. Ce n'est pas plus mal pour la terre car elle a besoin d'être bien aérée.
Comment avez-vous réfléchi au confort des joueurs?
Il faut les chouchouter. Ils sont au départ près de 200 dans chaque catégorie et il n'en reste plus qu'un à la fin. Je voulais vraiment qu'il puisse se concentrer dans les meilleures conditions. Malgré une autre idée au départ, nous avons collé les vestiaires au plus près du central, tout en les isolants du bruit.
La terre battue impose-t-elle des contraintes architecturales?
Oui. Par exemple, il existe une différence de vitesse entre les courts actuels. On dit que le Suzanne Lenglen est plus rapide car il est construit sur une dalle de parking. Le nouveau central ne sera pas conçu comme ça.



















