Lourd programme pour Mormeck

BOXE Pour boxer dans sa nouvelle catégorie, le Français doit gérer sa prise de poids...

Romain Scotto

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Le boxeur français Jean-Marc Mormeck, à l'entraînement le 3 janvier 2006 à New York.
Le boxeur français Jean-Marc Mormeck, à l'entraînement le 3 janvier 2006 à New York. — T.Blackburn/REUTERS

Sur les rings, difficile d’échapper à un régime spécial quand on change de catégorie. Mais si la majorité des boxeurs ont l’habitude de se serrer la ceinture, Jean-Marc Mormeck a lui choisi de prendre un peu de poids. Pour combattre chez les lourds, l’ancien lourd-léger, âgé de 36 compte afficher un chiffre rond sur la balance. Son objectif pour son premier combat, au début de l’été, «100 kilos, ce serait pas mal.»



Actuellement, il porte sans effort ses 98kg du haut de ses 1,81m. L'entraînement lui suffisait à l'époque pour descendre sous les 90,719kg, la limite des lourds légers. L

’ancien champion du monde doit désormais gérer sa prise de poids en suivant un programme strict. «Plus de protéines, avec des fromages blancs à chaque repas. Mais surtout une alimentation équilibrée, pour limite la prise de graisses.» Pour quelqu’un qui ne prenait «qu’un café au petit déjeuner» et qui avait la fâcheuse habitude de sauter des repas, le changement est assez radical.



«Juste plus puissant»



Mormeck s’est donc adjoint l’aide d’un staff de cinq personnes. Une nutritionniste, un kiné, un docteur, un préparateur et un prof de musculation qui l’aideront à suivre son programme. Avant de renouer avec un entraînement axé sur sa technique, l’ancien boxeur de Don King met l’accent sur les séances de musculation. Premier chantier, ses jambes, «la partie du corps qu’il a le moins travaillé et qui nécessite le plus de renforcement.»



Pour celui qui compte prendre sa revanche contre David Haye, il s’agit donc de transformer son corps. Mais sûrement pas sa boxe. Plus lourd, Mormeck pourrait perdre en mobilité et en vitesse, ses deux principales qualités sur un ring. Mais lui n’y croit pas. «Il n’y a pas de raison. Je peux garder mon agilité, ma souplesse. Je serai juste plus puissant. Les jambes, c’est important. Il faut deux enclumes pour bien balancer.» Et tenter d’ébranler des boxeurs bien plus grands que lui.



Le revenant ne se dit pas impressionné par le physique surdimensionné d’un Valuev, le géant aux 50 victoires en 52 combats. Juste «un géant qui marche bien commercialement» selon Mormeck. Celui qui se définit comme un «petit lourd» n’a pas l’impression de changer de monde en revenant dans son ancienne catégorie. Ses futurs adversaires le regarderont peut-être de haut. Seulement physiquement.

Le conseil de Teddy Riner

«Moi, je lui conseille de faire gaffe. Il faut qu’il prenne, mais pas en graisse. Moi je suis en lourd, mais je ne bouffe pas n’importe comment. Je surveille mon poids. Je fais toujours attention à ce que je mange, ce que je bois. Je suis à 135 kg, mais ce n’est que du muscle (rires) Non, sérieusement quand je vois la balance, j’ai peur des fois. Je me pèse tout le temps.»