Le rallye peut-il encore éviter la sortie de route?
AUTO MOTO•Le manque de concurrence face à Sébastien Loeb devient problématique pour une discipline condamnée à changer...Alexandre Pedro
Sébastien Loeb est fâché avec le suspens. Trois courses, trois victoires, le pilote Citroën roule plein pot vers un sixième titre de champions du monde des rallyes. À demi-mot, le Français reconnaît qu’il ne serait pas contre un peu plus de concurrence. Loeb en vient même à remercier son vieux rival, Marcus Grönholm, de sortir de sa retraite le temps du rallye du Portugal à partir de vendredi: «Il manque des pilotes comme lui en WRC, mais il manque surtout des constructeurs car c'est une période difficile financièrement».
Après les retraits de Suzuki et Subaru cet hiver, le rallye se résume à un face-à-face entre Citroën et Ford, toujours à l’avantage de l’écurie française. Dans ce contexte, l’annonce d’une victoire de Sébastien Loeb tourne pléonasme au. «C’est navrant pour lui et pour son talent», regrette Guy Fréquelin patron de Citroën Sport de 1987 à 2007.
Ne pas devenir «obsolète»
Pour celui qui a mis le pied à l’étrier au pilote alsacien, l’avenir du rallye «passe d’abord par une réduction des coûts afin d’attirer des nouveaux constructeurs, surtout dans le contexte de la crise actuelle». Dans cette optique, la FIA a annoncé le 17 mars dernier que les WRC laisseraient définitivement leur place en 2011 au Série 2000, des voitures moins chères, dont disposent déjà sept constructeurs... mais pas Ford et Citroën. Les deux marques disposent de deux saisons pour s’adapter ou se retirer. Quant à d’éventuels petits nouveaux, les amateurs de rallyes attendent toujours qu’ils se manifestent.
Un championnat du monde sans écurie d’usine et réduit à quelques équipes privées est-il possible et souhaitable? Guy Fréquelin en doute: «Si un privé dispose de plus moyen que les autres, il risque aussi d’écraser le championnat». Pour l’ancien mentor de Sébastien Loeb, le rallye courre le risque de devenir «obsolète», s’il ne relève pas le défi écologique. «Il est urgent que les constructeurs et la FIA prennent conscience de la nécessité à concevoir des voitures vertes, novatrices en matière de réduction d’émission de C02». Devenir le premier champion du monde sur une voiture hybride, ça pourrait être le dernier défi de la carrière de Sébastien Loeb.



















