Sébastien Bourdais est attendu au virage

Alexandre Pedro

— 

"Pour une première course si j'avais à choisir un scénario, forcément j'aurais choisi celui-là, souriait Bourdais à l'arrivée. C'est sûr, ça ne se concrétise pas par la quatrième place qu'on aurait pu avoir mais on va mettre deux points quand même. Et deux points pour un premier Grand Prix c'est pas si mal que ça !"
"Pour une première course si j'avais à choisir un scénario, forcément j'aurais choisi celui-là, souriait Bourdais à l'arrivée. C'est sûr, ça ne se concrétise pas par la quatrième place qu'on aurait pu avoir mais on va mettre deux points quand même. Et deux points pour un premier Grand Prix c'est pas si mal que ça !" — Paul Crock AFP/Archives

Entre Sébastien Bourdais et la Formule1, la rupture était presque consommée. Jusqu'à début février, le seul français des paddocks pensait bien rester sur le bord de la piste, abonné à son sort par Toro Rosso après une première saison en F1 «de merde, sans réussite et avec beaucoup d'occasions manquées», selon son propre aveu.

Incidents mécaniques, accrochages, courses anodines... Bourdais a terminé la saison avec quatre (petits) points. Dans le même temps, son coéquipier,  Sebastian Vettel, en marquait 35 et offrait à Monza une victoire miraculeuse à une équipe aux moyens limités. Le prodige allemand parti, Bourdais est libéré de cette inévitable et écrasante comparaison. Son nouveau partenaire, le Suisse Sébastien Buemi, devrait être un alter ego plus à sa mesure.

«Tout peut arriver»

À 30 ans, le Français sait qu'il n'a déjà plus le droit à l'erreur. «Si je ne marque que quatre points cette année, il n'y aura probablement pas de suite», admet-il. S'il affirme ne «pas se fixer de limites», l'ancien protégé de Paul Newman lors de ses quatre titres en ChampCar n'aborde pas l'ouverture de la saison à Melbourne en Australie (le 29 mars) dans les meilleures conditions. Avec tout juste 455 km d'essais au volant de sa STR4 contre plus de 4.000 km pour un pilote comme Nico Roseberg, le Manceau paye sa confirmation tardive comme pilote titulaire. Les premières courses risquent de prendre l'allure de cours de rattrapage.

La chance de Bourdais pourrait venir de la nouvelle réglementation technique des monoplaces qui drape les premières courses d'un nuage d'incertitude. «Il y a tellement d'inconnues sur le potentiel de tout le monde, nous inclus, que tout peut arriver», remarquait-il la semaine dernière après une séance «intéressante» à Barcelone. Le lendemain, l'une de ses suspensions avant se brisait, le reléguant au rôle de spectateur impuissant. Comme un cruel résumé de ses débuts en F1.