Du bac F1 à la maîtrise de formule 1

Gilles Durand

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La première trajectoire qu'il a su maîtriser, c'est la sienne. Jusqu'à devenir un des techniciens les plus qualifiés chez Red Bull. A 40 ans, Jean-Claude Blin va entamer sa troisième saison au sein de l'écurie de Formule 1, qui reprend la compétition, ce dimanche en Australie, pour le 1er Grand Prix de la saison. Un destin hors norme pour ce Nordiste d'adoption, installé depuis plus de vingt ans à Boiry-Notre-Dame, petit village niché entre Arras et Cambrai. D'autant que dans sa jeunesse, il était davantage porté sur le ballon rond que vers les ronrons des moteurs. « J'étais loin d'être passionné par les courses de F1 », concède-t-il.

Pourtant, c'est un bac F1 qu'il décroche. Construction mécanique. Premier job à Hénin-Beaumont dans une entreprise qui fabrique des composites. Il décroche un contrat de qualification pour passer un BTS plastique et composite, mais échoue en avouant : « J'étais largué en maths, physique et chimie. » Carrière compromise ? La bonne étoile se penche alors sur Jean-Claude Blin, envoyé trois mois à Magnicourt en sous-traitance pour l'écurie d'Alain Prost. La saison suivante, en 1999, il y est embauché. « L'ambiance m'a plu, même si ça s'est mal fini pour tout le monde », se souvient-il. Si Prost abandonne, Ferrari l'approche. Trop loin, trop impersonnel pour lui. Il oriente son choix vers Toyota, dont l'usine se trouve à Cologne. « Le défi était énorme, je devenais responsable d'une équipe de nuit pour la fabrication des pièces en composite. »

L'expérience va durer quatre ans pendant lesquels il se forge une expérience et côtoie les pilotes de près. « Schumacher était très respectueux des techniciens, ce n'était pas le cas de tous. » Son dernier défi se nomme Red Bull. Direction Milton Keynes, à 70 km au nord de Londres. Non loin de chez Willams. Engagé pour s'occuper d'un secteur de pointe, il s'amuse tous les ans à concevoir une nouvelle voiture. Un travail top secret. « On invente tout le temps des trucs, s'amuse-t-il. Il faut s'adapter en permanence aux changements de règlements. » Tout juste s'il ose un pronostic pour la saison qui débute dimanche. « Avec Sebastian Vettel, la révélation de l'an dernier, nous pouvons surprendre. » ■