PSG-Saint-Etienne : « On a fêté ce premier but trop longtemps », Puel très déçu pour ses joueurs

FOOTBALL – Les Stéphanois ont payé un manque d’expérience et de roublardise à deux moments clés de la rencontre

Julien Laloye

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Claude Puel, le 18 avril 2021 au Parc des Princes.
Claude Puel, le 18 avril 2021 au Parc des Princes. — Francois Mori/AP/SIPA

Au Parc des Princes,

C’est une consigne d’entraîneur vieille comme le foot, que le type s’occupe des poussins première année de Saint-Nicolas de Bourgueil ou des pros de l’As Saint-Etienne. Et encore plus quand on parle de Claude Puel, peut-être le coach de L1 le plus formateur dans l’âme, habitué à manager des post-adolescents encore en formation. « LES GARS CONCENTRES APRES LE BUT ON SE RELÂCHE PAS ». Et pourtant, l’AS Saint-Etienne s’est relâchée une minute, dimanche, alors que le plan se déroulait sans accrocs.

Le plan parfait jusqu’au but de Bouanga

Une mi-temps consacrée à tenir ces deux lignes de quatre en défense sans plus d’ambition offensive que ça, un peu de chance sur les deux/trois coups de pression du PSG (poteau de Sarabia, duel raté par Mbappé dans la surface, penalty sifflable et non sifflé sur la même action), puis deux changements des hommes de couloir (Bouanga et Nordin) pour profiter des replis défensifs de plus en plus rares des attaquants parisiens pressés par le temps à partir de la 65e. Du tableau noir, concrétisé par ce joli but de Bouanga à dix minutes de la fin.

On avait alors le nez sur notre live de la rencontre, mais on a bien aperçu d’un œil toute l’équipe stéphanoise qui se précipitait sur le buteur, comme si l’affaire était entendue, alors que tout le monde sait que dix minutes plus les arrêts de jeu, ça compte double au Parc. Le temps qu’on lève la tête pour de bon, et Mbappé avait égalisé sur le renvoi. « On fête le but, on le fête beaucoup trop longtemps, et on concède l’égalisation derrière », déplorait un Claude Puel déçu d’être passé si près du gros coup à Paris. « On aurait mérité un point, mais ce manque d’expérience, cette effusion sur le but… Il faut savoir ne pas se relâcher dans un match quand on est capables d’élever son niveau de jeu comme on le fait ces derniers temps ».

Green un peu naïf dans les arrêts de jeu

Ses joueurs ont pourtant montré du caractère pour se remettre dedans à 2-1 contre eux, jusqu’à cette égalisation un peu heureuse de Romain Hamouma à la 92e. Mais le match n’était plus rationnel depuis longtemps, et sur le coup d’envoi du 2-2, on sentait que tout pouvait encore basculer, alors qu’il aurait sans doute suffi aux Stéphanois de tenir deux ou trois minutes après le but de Bouanga pour gérer leur fin de match sans être rattrapés par leur émotivité. Avant le coup de boule d’Icardi, Di Maria avait d’ailleurs touché le poteau, et Sainté a encore péché par naïveté. Green, le jeune gardien remplaçant de Moulin, semblait légèrement touché, mais au lieu d’en profiter pour casser le rythme, il se relevait en serrant les dents. Peut-être pour ça qu’il ne saute pas sur le coup de caboche d’Icardi au buzzer.

« C’est dur pour les joueurs, qui ont fait un très bon match dans l’animation, la solidarité, la cohésion. On leur a mené plus que la vie dure. C’est un match formateur pour eux, ils seront fiers de leur production quand ils prendront un peu de recul ». Sans doute le plus délicat, quand on a manqué l’occasion de mettre fin à 120 ans de défaites consécutives au Parc des Princes, ou quelque chose comme ça.