Coronavirus dans le Nord : « Nos dirigeants se foutent du sport »… Paris-Roubaix pourrait bien être annulé pour la deuxième année d’affilée

CYCLISME En raison de l'épidémie de coronavirus dans la région, la célèbre course cycliste, initialement prévue le 11 avril, pourrait bien être annulée pour la deuxième année d'affilée

Francois Launay

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111e Ždition de la course cycliste Paris-Roubaix le 7 avril 2013. Ici les coureurs passent sur le mythique secteur pave de la Trouee d'Arenberg.
111e Ždition de la course cycliste Paris-Roubaix le 7 avril 2013. Ici les coureurs passent sur le mythique secteur pave de la Trouee d'Arenberg. — M.LIBERT/20 MINUTES
  • Prévue le 11 avril, la célèbre course pourrait bien être une nouvelle fois annulée.
  • La faute au coronavirus qui pousse les pouvoirs publics à se montrer très pessimistes sur la tenue de l’événement.

C’est un gros pavé dans la mare que le préfet du Nord a lancé lundi matin. Interrogé sur France Bleu Nord quant à la tenue du Paris-Roubaix, prévu le dimanche 11 avril, en pleine épidémie de Covid, Michel Lalande s’est montré très pessimiste. « Je vous ferai une réponse quand le moment sera venu mais vous pouvez la deviner. Je vois le ciel moins bleu », a déclaré le représentant de l’Etat sur la radio régionale.

Une façon de dire que la situation est clairement mal embarquée. Une décision devrait être prise cette semaine sur le maintien ou non de la course. Mais les indicateurs épidémiologiques dans la région ne sont pas bons dans les Hauts-de-France, l’une des deux régions concernées par le reconfinement new-look décidé jeudi dernier par le gouvernement.

« En France, on a tendance à nous prendre pour des gamins de cinq ans »

Comme l’année dernière où Paris-Roubaix avait été annulée à deux reprises (en avril puis en octobre), la célèbre course sur pavés pourrait ne pas avoir lieu pour la deuxième année d’affilée. Difficilement compréhensible car en Belgique, située à quelques kilomètres de Roubaix, aucune course n’a (encore) été annulée cette année. Président des amis de Paris-Roubaix, qui œuvre notamment à la rénovation des secteurs pavés sur le parcours, François Doulcier ne comprend pas.

« Selon moi, la course est organisable à huis clos comme le font les Belges. Avec aucun événement festif sur le parcours, personne au départ ni à l’arrivée ni sur le parcours. Le tout en demandant aux gens de rester chez eux pour regarder la course à la télé. Je ne comprends pas cette différence entre France et Belgique. En France, on a tendance à nous prendre pour des gamins de cinq ans. Et en Belgique, le cyclisme est une religion ce qui n’est pas du tout le cas en France. Mais bon, j’ai l’impression que dans notre pays la culture et le sport sont non essentiels. Nos dirigeants s’en foutent », compare, dépité, le bénévole.

Comme lui, ils sont nombreux à manifester leur incompréhension sur la possible annulation d’un événement que seules les deux guerres mondiales avaient repoussé jusque-là. Mais ça, c’était avant l’apparition d’un virus toujours aussi insaisissable un an après son apparition.