Ezequiel Lavezzi, prophète à Naples, comme Diego
FOOT•Vingt ans après son sélectionneur, cet attaquant de 23 ans est devenu la nouvelle idole de San Paolo...Alexandre Pedro
De notre envoyé spécial à Marseille
La comparaison a de quoi écraser son homme. Ezequiel Lavezzi est argentin, plutôt doué balle au pied et embrase Naples. Forcément, ça rappelle quelqu'un. «Laissons tomber les comparaisons avec le grand Maradona. Il est et il restera l'unique pour toujours. Moi, je suis juste un gars qui court derrière un ballon», tempère l'intéressé. Pourtant même les dates force à la comparaison; Lavezzi a été présenté aux supporteurs napolitains le 5 juillet 2007 soit 23 ans jour pour jour après Maradona.
Ancien électricien
Même s'il devrait débuter sur le banc de touche mercredi contre la France, le Napolitain entre dans les petits papiers du nouveau sélectionneur: «Je compte sur Ezequiel. Il a le niveau de la sélection argentine», confie Diego Maradona mardi, en conférence de presse.
Du haut de son 1m73, l'Argentin allie la hargne de Tevez au sens du but d'Agüero. Meneur de jeu ou attaquant, Lavezzi se ballade sur un terrain où bon lui semble. Comme avec Maradona en son temps, Naples et Lavezzi étaient faits pour s'aimer. Mauvais garçon, tatoué et extravagant, Lavezzi plaît à Naples la rebelle. En Argentine, on le dit fou, depuis qu'il a pris une décharge en réparant un poteau électrique.
Il snobe Chelsea
Snobé par les grands clubs du pays, l'adolescent revêche troque à 16 ans ses crampons pour le bleu de travail. La suite de sa carrière prend un aspect aussi déroutant que ses dribbles. Après un passage par la D3 argentine, il décroche un contrat en Italie avec le Genoa. Pas de chance, le club se trouve au bord la faillite et le réexpédie en Argentine où il flambe avec San Lorenzo.
Trois ans après son passage éclair, les dirigeants napolitains lui donnent l'occasion de retrouver l'Italie. Entre le public de San Paolo et l'enfant de San Lorenzo, le coup de foudre est immédiat. Pour son premier match, Lavezzi y va de son triplé en Coupe d'Italie contre l'Udinesse. Depuis la passion n’a pas faibli. Malgré les oeillades lancées par Chelsea, Lavezzi n'entend pas lâcher sa ville d'adoption: «Je veux rester. Je sais que Chelsea a cherché à me recruter, mais je ne m'occupe pas des négociations car je suis très bien à Naples. J'adore cette ville». Pour l'instant, elle lui rend bien, à l'excès même, l'Argentin ne peut ainsi mettre un orteil hors de chez lui sans être assailli. Là encore, ça rappelle quelqu'un.



















