Quand il ne perce pas, Sébastien Chabal divise

RUGBY Le deuxième-ligne débutera France-Ecosse comme remplaçant...

Alexandre Pedro

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Les entraîneurs du XV de France, contraints par l'absence des ténors du Top 14, ont rassemblé les pièces d'un curieux puzzle pour aller défier l'Australie en tournée, les 28 juin à Sydney et 5 juillet à Brisbane, perpétuant les expérimentations du Tournoi des six nations.
Les entraîneurs du XV de France, contraints par l'absence des ténors du Top 14, ont rassemblé les pièces d'un curieux puzzle pour aller défier l'Australie en tournée, les 28 juin à Sydney et 5 juillet à Brisbane, perpétuant les expérimentations du Tournoi des six nations. — William West AFP/Archives

Les spectateurs du Stade de France vont devoir faire sans lui dans un premier temps. Sébastien Chabal débutera France-Ecosse de samedi sur le banc. Des trois titulaires en Irlande écartés (Malzieu, Faure, Lecouls étant blessé), c¹est son cas qui retient l'attention. Aux coups d'éclats «chabaliens», le staff tricolore a préféré un deuxième-ligne plus porté sur l'affrontement et les tâches ingrates avec le Toulousain Romain Millo-Chluski. «Sébastien nous offre moins de présence dans les rucks, c'est vrai», concède Marc Lièvremont qui refuse pourtant de parler de «sanction». Le sélectionneur a en préféré maintenir sa confiance à un Lionel Nallet pourtant en retrait samedi dernier à Dublin. Mais le Castrais reste le capitaine des Bleus, pas Chabal.
 
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Une fois encore, l'ancien Berjalien divise selon ce qu'on attend d'un deuxième-ligne, ce poste découvert sur le tard par le barbu de Sale lors du mondial 2007. «Quatre mecs ne peuvent pas faire la guerre pour cinq», estimait dans «L'Equipe» Olivier Brouzet, 71 sélections en deuxième ligne, pour qui Chabal se disperse trop dans le grand champ.
 
Le jeu qui veut ça
 

Le son de cloche diverge du côté de Pierre Villepreux. «J'ai trouvé Chabal intéressant contre l'Irlande Ca ne me gène pas de le voir à l'aile, il n'a pas décidé contre l'avis de tous de s'y mettre, c'est le jeu prôné qui l'impose», juge l'ancien entraîneur du Stade Toulousain et du XV de France.
 
Villepreux qui malgré la défaite se réjouit «que Lièvremont renoue avec une certaine tradition de jeu d'attaque à la française», se méfie d'un discours trop axé sur le combat avant le rendez-vous écossais: «Les joueurs accentuent ce qu'on leur dit. Si on leur dit de plus combattre, ils ne vont faire que ça». Face à une Ecosse au rugby débraillé, les Bleus devraient avoir tout le loisir de poursuivre sur cette ouverture au jeu. Contraint à un rôle de joker qu'il connaît bien en sélection, Chabal devra lui prendre son mal en patience avant de faire rugir le Stade de France.