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Comme un problème à la descente
SKI•L'équipe de France de vitesse aborde la descente de samedi dans l'inconnu...Romain Scotto
Un skieur désarticulé qui s’envole dans le ciel de Are, qui retombe violemment contre la piste et finit sa course dans les filets, inconscient. A trois jours de la descente des championnats du monde de Val d’Isère, le vol plané d’Antoine Dénériaz en mars 2006 est encore dans tous les esprits. Même ceux des membres de l’équipe de France de descente, dépourvus de leader depuis la retraite soudaine du champion olympique de Turin.
«Le groupe a été marqué, c’est certain, avoue Yves Dimier, le DTN du ski français. Cela été un vrai choc. Tout le monde a du mal à repartir après un tel accident.» Pour ne rien arranger, le groupe de vitesse masculine a perdu il y a trois semaines son meilleur espoir à l’entraînement, Johan Clarey. Sur cette piste de Bellevarde, le skieur de Tignes s’est rompu les ligaments des deux genoux, le jour de ses 28 ans. Dans la foulée, Raphaël Burtin chute lui aussi lourdement à Val d’Isère. Bras droit fracturé.
Pas dans la tradition
Les rescapés du groupe sont prévenus. Difficile pour David Poisson, Adrien Théaux et Pierre-Emmanuel Dalcin d'aborder la course dans les meilleures conditions. Même s'il leur sera difficile de lutter avec les meilleurs, Stéphane Sorrel n'exclu pas un scénario à la Marchand-Arvier, surprenante deuxième du Super G mardi: «j’attends d’eux qu’ils donnent le meilleur d’eux-même, prévient l’entraîneur de l’équipe de France de vitesse. Dans une bonne journée, ils peuvent espérer quelque chose.»
Tout n'est pourtant pas une question de performance et de talent. Traditionnellement, l’école française est plus portée vers les disciplines techniques. La peur du vide? «En club, il est très difficile de mettre en place une descente, poursuit Sorrel. C’est un investissement lourd, un travail de préparation énorme. Ce sont des kilomètres et des kilomètres de filet à installer. Forcément, ça n'aide pas.»
La poisse, toujours…
A l’inverse des grandes nations du ski mondial, la France ne possède pas de piste d’entraînement spécialement dédiée dans ses stations. Chaque année, les descendeurs français sont donc contraints de s’exiler. «Pour une fois qu’on organise la compétition, on a la chance de bien connaître la piste, c’est certain. Mais on aurait aimé s’entraîner un peu plus sur la Face. Vu notre calendrier et le mauvais temps qu’il a fait ici, on n’a pas pu faire les choses comme on le souhaitait.» Ils devraient commencer à s’y habituer.


















