PSG-Nîmes : Laisser 19 tirs à la lanterne rouge, est-ce bien sérieux ?

FOOTBALL Paris a été totalement amorphe en deuxième mi-temps, sans doute la tête au classico contre l’OM dimanche prochain

Julien Laloye

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Le débrief de PSG-Nîmes — 20 Minutes

Au Parc des Princes,

Ça va faire bisquer tous ceux qui rêveraient d’être à notre place, si tant est que la place soit enviable, mais on n’a pas beaucoup zyeuté la pelouse du Parc des Princes après le repos. Match plié, papiers à préparer, et surtout envie de vibrer. Petit coup d’œil sur le Barça, mené 2-0 par hasard à Grenade en Coupe du Roi, malgré 146 corners, 35 occasions, et trois ou quatre poteaux. Ah chouette, se dit-on, on n’est pas les seuls à avoir des soucis.

Sauf qu’au bout de cinq minutes on a compris. Le prochain adversaire du PSG en C1 est encore fragile, certes, mais il est redevenu lui-même. But de Griezmann à la 88e, poteau de Messi à la 90e, égalisation de Jordi Alba à la 92e. Score final ? 5-3. Le Barça bouffe tout ce qui passe en ce moment, et on retrouve une équipe qui étouffe ses adversaires et peut marquer à chaque action.

Le Barça progresse, le PSG bof

Ce qu’on veut dire ? Il est en train de se passer un truc en Catalogne, et on est bien en peine d’en dire autant pour ce bon vieux PSG, malgré l’arrivée de Pochettino sur le banc. Victoire 3-0 contre Nîmes, très bien, mais cette deuxième mi-temps, on s’en parle ? Comme si les gars n’avaient pas envie de revenir sur la pelouse. 45 minutes à souffrir et à laisser les Gardois se faire croire des choses : 19 tirs pour la lanterne rouge au Parc.

Alors des tirs mous du genou, ou complètement bazardés, pour la plupart, mais 19 tirs quand même et plus de 30 ballons touchés dans la surface parisienne ! Pochettino peut nous vendre la défaite à Lorient comme un accident, et on a le droit d’évoquer les absents (Navas, Verratti, Neymar), mais cette équipe parisienne est incapable d’imposer une impression de puissance sur la durée d’un même match, alors ne parlons pas de plusieurs d’affilée.

« On avait la tête au classico », plaide Pochettino

Frédéric Arpinon, coach de la pire équipe du championnat, qu’on voit mal se sauver les miches cette saison, aurait dû débarquer avec les chocottes et la peur d’en prendre six. Il avait pourtant transmis un autre message : « J’avais demandé aux garçons d’aller les chercher haut, de ne pas avoir peur de jouer, parce que je pensais qu’on pouvait les accrocher malgré leur qualité offensive. Sur la première période on a été un peu timides, mais ensuite c’était beaucoup mieux ». Voilà où on en est : la lanterne rouge qui vient au Parc dans l’espoir de ramener un truc.

Il manquait du chemin, reconnaissons-le, mais ce qu’a montré Paris en dehors du but de Mbappé après le repos frisait l’indigence. Qu’en dit Pochettino cette fois-ci : « La réaction de l’équipe a été bonne après Lorient, on a contrôlé le match tout le temps même si on a un peu levé le pied avec le résultat acquis ». Un peu beaucoup, même. Normal, complète l’entraîneur argentin, le match contre l’OM était dans toutes les têtes.

« Dimanche c’est un derby, on sait ce que cela signifie pour notre équipe et pour les supporters, je pense que les joueurs avaient ça à l’esprit, et ça réduit automatiquement la dépense d’énergie sur le terrain ». L’ancien coach des Spurs promet toutefois que ses hommes seront à bloc de la première à la dernière minute dimanche soir en prime time sur Canal. Vu l’état du cadavre olympien, une mi-temps sur deux pourrait encore suffire, cela dit.