Vendée Globe : Double vainqueur de l’épreuve, un bateau abandonné dans le port de Brest

VOILE L’ancien Imoca PRB de Michel Desjoyeaux et Vincent Riou est à l’abandon mais le propriétaire refuserait de le vendre

Camille Allain

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L'Imoca PRB barré par Vincent Riou a remporté le Vendée Globe en 2005. Il avait déjà gagné en 2001 entre les mains de Michel Desjoyeaux. Depuis, il pourrit dans le port de Brest.
L'Imoca PRB barré par Vincent Riou a remporté le Vendée Globe en 2005. Il avait déjà gagné en 2001 entre les mains de Michel Desjoyeaux. Depuis, il pourrit dans le port de Brest. — F. Prevel / SIPA

Il va presque les voir passer. Alors que les premiers skippers du Vendée Globe sont attendus dans la soirée aux Sables d’Olonne, une ancienne gloire de la course autour du monde croupit à quelques kilomètres de là. Amarré au ponton du port de Brest, cet Imoca est le seul à avoir remporté la plus célèbre des courses au large à deux reprises.

Alors sponsorisé par PRB, le voilier était skippé par Michel Desjoyeaux quand il a franchi la ligne d’arrivée en tête en 2001. Quatre ans plus tard, c’est entre les mains de Vincent Riou que cette bête de course s’imposera. En 2009, Samantha Davies terminera 4e de l’épreuve à son bord. Et depuis ? Et bien, c’est difficile à dire. D’après France 3 Bretagne, cela fait au moins huit ans que le voilier est immobile dans le port de Brest.

La chaîne régionale a même interrogé des skippers locaux, dépités de voir le voilier mourir à petit feu. Navigateur du Finistère, Gildas Morvan aurait tenté de le racheter il y a plusieurs années, mais ses propriétaires auraient refusé de le vendre. En 2017, Le Télégramme avait déjà consacré un article à ce bateau abandonné. Baptisé « Fruit », il coûterait une petite fortune à ses propriétaires.

Racheté par des Polonais

D’après le quotidien, l’Imoca avait été racheté par une société maraîchère polonaise en vue de participer à la Barcelona Race en 2010. Mais le prestigieux bateau avait été refusé, au motif qu’il n’était pas conforme. Depuis cette date, il verdit et pourrit dans les eaux du port brestois. D’après Le Télégramme, le propriétaire verserait 9.000 euros par an depuis 2013 en droits de ponton. Soit un budget d’environ 70.000 euros, pour ne jamais bouger.

L’état de dégradation avançant, il est de moins en moins probable de le voir reprend la mer un jour. D’après la navigatrice Anne Liardet, qui a navigué à bord en 2005 et 2006 pour la Route du Rhum et la Transat Jacques Vabre sous le sponsor Roxy, les travaux de remise en état se chiffreraient à plusieurs centaines de milliers d’euros. Interrogée par France 3, la skippeuse a même lâché quelques larmes quand elle a constaté l’état de son ancien bébé.