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La vallée des fous rafle tout
VOILE•Les cinq premiers du Vendée Globe viennent du même centre d'entraînement...M.Go.
En voile, on porte des cirés et pas des maillots. Sinon, la tête de la course du Vendée Globe serait bien monochrome. A quelques jours de l’arrivée, les cinq leaders (Michel Desjoyeaux, Rolland Jourdain, Armel Le Cléac’h, l’Anglaise Sam Davies et Marc Guillemot), sont issus du même centre d’entraînement: le pôle France course au large de Port-la-Forêt, un petit port du Finistère. «Ce n’est pas une surprise mais il y a quand même eu beaucoup de casse, notamment chez des hommes forts comme Mike Golding ou Loïck Peyron qui ne sont pas de chez nous», relativise Loïck Ponceau, l’un des coachs du Pôle.
Tous les papiers sur le Vendée sont ici
Ponceau est trop modeste car cette suprématie ne doit rien au hasard. Depuis la création du centre de «Port-Laf’» au début des années 90, ses pensionnaires ont raflé 13 courses du Figaro, «la Star Ac’ de la course au large» selon le skipper Kito De Pavant, et les deux derniers Vendée Globe. Au cœur d’une terre de voileux qu’Olivier de Kersauzon surnomme «la vallée des fous», le centre est le fruit d’une action collective dans un sport individuel. «Avec le développement de la monotypie dans la course en solitaire à la fin des années 80, tout le monde devait dorénavant courir sur le même bateau. Une course comme Le Figaro ne se jouait plus sur les différences de vitesses des coques mais sur les méthodes d’entraînement, le physique, la météo. Certains l’ont compris très vite», explique Loïck Ponceau. Des skippers nommés Jourdain, Le Cam, Nélias, ou Guillemot sentent ainsi le vent du professionnalisme se lever et créent une structure pour encadrer leurs entraînements: le centre est né. vendeeglobe2009
Un centre en Méditerranée
Financé à hauteur de 500.000 euros par le Conseil général du Finistère, le Conseil Régional de Bretagne, la Fédération française de voile et le ministère des Sports, il abrite aujourd’hui 35 skippers triés sur le volet par une commission de sélection. On y retrouve des vieux grognards mais aussi des jeunes espoirs de la course au large. «Le premier intérêt du centre est que mes entraînement sont préparés par des professionnels et le deuxième est l’émulation qu’il y a entre nous», évoque Thierry Chabagny, un jeune skipper issu de la filière Figaro. «Des gars comme Desjoyeaux ou Jourdain auraient réussi sans le centre mais grâce à leur expérience, il y a un effet boule de neige qui se répercute sur les jeunes. Il y a une émulation. Les chantiers s’installent, les sponsors viennent plus facilement», résume Kito De Pavant qui a participé en 2003 à la création d'une structure similaire sur le bassin méditerranéen.
La vitrine du centre est le Vendée Globe. Les 11 skippers du centre inscrits à la régate planétaire se sont ainsi régulièrement confrontés lors de semaines de stage dédiées à la météo ou à la navigation. Mais, dans ce microcosme où Jourdain habite la même rue que Desjoyeaux dont le frère tient le principal chantier naval, chacun garde son indépendance et est libre de venir quand il le veut. Quelques jours avant le départ du Vendée, ils se sont tous retrouvés pour analyser la situation météo de la première semaine de course. «Nous avons de la chance car ce sont les skippers qui sont demandeurs et ils sont tous très copains. Cela ne les empêche pas de garder leurs petits secrets», résume Loïck Ponceau. Apparemment la méthode fonctionne.


















