NBA : Mais comment Westbrook s’est-il retrouvé à porter le maillot du Stade Montois ?

ENQUETE La star récemment transférée aux Wizards s’est pointée au dernier match avec un maillot collector des champions de France de rugby 1963

J.L.
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Russell Westbrook avec le maillot du Stade Montois.
Russell Westbrook avec le maillot du Stade Montois. — Stephen Gosling / NBAE / Getty Images / Getty Images via AFP
  • Russell Westbrook s’est présenté à un match d’avant-saison avec un maillot de Mont-de-Marsan.
  • Le nouveau meneur de jeu des Wizards, meilleur joueur de la saison 2017, est l’un des plus grands « fashionista » de la Ligue.
  • 20 Minutes s’est mis sur la piste du lien entre le joueur NBA et le club de rugby de Pro D2.

Emoi chez les amateurs de rugby au réveil. Russell Westbrook, l’ancien collectionneur de briques des Rockets tout juste transféré à Washington, se pointe à son dernier match de pré-saison de NBA  avec un maillot collector du Stade Montois, siglé « champion de France de rugby 1963 ». Et avec lui, une mission pour la cellule investigation de 20 Minutes, évidemment. On commence par du classique : le coup de fil au club, qui végète aujourd’hui au fin fond de la Pro D2.

Evidemment, personne ou presque ne connaissait Westbrook la veille au soir, mais la photo est déjà postée sur la page Facebook du club. « Russell Westbrook, exporte le Stade Montois Rugby en NBA ! La star de NBA a assisté au match de ses coéquipiers des Washington Wizards aux couleurs du SMR… Avec notre maillot champion de France en 1963 ! Un maillot de champion pour un champion !!! ».

Un maillot édité à moins de 100 exemplaires

Tout le monde se pose la même question que nous : comment diantre ce maillot a-t-il pu atterrir sur les épaules d’une des plus grandes stars de la NBA ? Ça s’agite dans les archives. On parle d’une perle rare, rééditée en 2013 à une trentaine d’exemplaires pour la fête des pères, presque tous vendus en boutique à Mont-de-Marsan. Le mystère s’épaissit. Pour avoir mis la main sur l’un de ces 30 maillots, Russell a forcément de la famille dans le Sud-Ouest. Peut-être une grand-mère un peu bourrue spécialiste de la tourtière landaise qui envoie à chaque Noël un cadeau personnalisé à son petit-fils d’Amérique ? Ou alors le type est venu passer ses vacances dans le coin un été et il est passé par le centre-ville incognito ? Personne n’a d’indice.

On se tourne alors vers le fabricant, Sport d’époque, spécialisé dans les rééditions des maillots vintage, rugby et foot. Benoît D’Argenlieu, le boss, aux platines : « Ah oui j’ai vu l’histoire. Ce maillot vient de chez nous. Et le plus beau c’est qu’il a été confectionné à Nay, juste à côté de Pau, c’est vraiment un produit hyperlocal, qu’on a tiré à moins de 100 exemplaires ». Russell Westbrook doit donc sentir le Béarn sous les aisselles. Mais on n’en sait pas plus sur la connexion entre « Russ » et les Pyrénées-Atlantiques. « Facile, répond Benoît, on a un distributeur aux Etats-Unis, je me renseigne et je suis à vous ».

La solution se trouvait à Los Angeles

Fin du suspense sur les coups de 17 heures. La marque qui distribue le maillot vintage de Mont-de-Marsan a ouvert un magasin éphémère l’été dernier à Los Angeles. Grosse opération de com' pour faire venir des stars, comme on sait faire en Californie, et Westbrook qui fait partie des cibles préférentielles. Il faut savoir que le bonhomme est connu pour être le plus grand « fashionista » de la Ligue. Il avouait dans un papier de nos confrères américains « prendre autant son pied devant un défilé de mode » que sur un parquet, et les Internets se gaussent souvent de son éclectisme vestimentaire.

Bref, c’est en zyeutant la marchandise dans une boutique de LA que Westbrook est tombé raide dingue de ce maillot de Mont-de-Marsan. 169 euros au garrot, sans doute un peu plus en dollars. Pour une consécration devant les caméras du monde entier. Un peu moins sexy que l’histoire de la grand-mère landaise, mais on prend quand même. D’autant que le meilleur joueur de la saison 2017 a prévenu depuis longtemps : il ne met jamais deux fois la même tenue les jours de match. C’était donc un « one shot » qu’il fallait célébrer à sa juste valeur.