Grande-Synthe sort la tête haute
« Ça ne peut pas finir comme ça. Non, je ne veux pas que ça se termine ». Thomas Lacherez, le gardien de Grande-Synthe, regagne son vestiaire, en geignant. Cinq minutes plus tôt, Grenoble vient d'ensevelir les derniers rêves des Nordistes (DH), en si...A Dunkerque, Antoine Maes
« Ça ne peut pas finir comme ça. Non, je ne veux pas que ça se termine ». Thomas Lacherez, le gardien de Grande-Synthe, regagne son vestiaire, en geignant. Cinq minutes plus tôt, Grenoble vient d'ensevelir les derniers rêves des Nordistes (DH), en signant un dernier but au bout des arrêts de jeu (1-3). Les crampons claquent sur le carrelage, les mines sont déconfites. « Debout les mecs merde ! Têtes hautes ! », tonne Pascal Langlois dans un vestiaire ouvert aux quatre vents. Le coach grand-synthois baigne dans la magie de la coupe. « Je suis fier de ce qui s'est passé ». Il peut.
Depuis l'élimination de Schirrhein (0-8) par Toulouse, son équipe avait récupéré la tunique du Petit Poucet. Ça n'a pas duré 24 heures. « Tout le monde était venu voir David croquer Goliath », se marre Arezki Fatis, le président de l'OGS. Mais Goliath a fait le métier, en faisant parler les cinq divisions d'écart. Pourtant, les Isérois ont bien failli passer pour les guignols de ces 16es. Parce que Grande-Synthe s'est permis d'envoyer un pain dans les cages du GF38 au bout de onze minutes, grâce à Franchois. A ce moment de la partie, le vieux stade Tribut de Dunkerque pue le traquenard.
Une pluie battante, une pelouse grasse, et 3 000 supporters remontés à bloc, autour d'une banderole en forme d'avertissement : « Mettez leur la misère. Bienvenue en Enfer ».
Une bande de fous, les Grands-Synthois. Avant le match, Pascal Langlois avait détaillé son plan. « J'ai mis deux attaquants. C'est suicidaire mais je m'en fous ». Après être passé par l'essoreuse grenobloise, le ton est moins désinvolte. « En première mi-temps, ça allait trop vite pour nous. Même si c'est ça la plus mauvaise attaque de L1... N'empêche, on a fait jeu égal après la pause. C'est beau ». Beau et insuffisant. Grenoble a été pro. Akrour, Touré puis El Moubarki y sont allés de leur but. Ils sont aussi allés échanger leurs maillots avec les amateurs. « Ils sont classes, quand même... », sourit tristement Arezki Fatis. Pour lui, le plus dur commence peut-être. Deuxième de DH, ses hommes visent la montée en CFA 2. « On sera où la semaine prochaine ? A Templeuve... », soupire Thomas Lacherez, pas ravi de retourner à l'anonymat. « C'était sympa, quand même... ». ■



















