Procès Fifa : Nasser Al-Khelaïfi acquitté, Jérôme Valcke échappe à la prison

FOOTBALL Les deux hommes étaient accusés d’avoir conclu un pacte dans le dos de la Fifa, relevant de la « gestion déloyale » et passible de cinq ans de prison

N.C. avec AFP

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Nasser Al-Khelaifi à Roland-Garros en octobre 2020.
Nasser Al-Khelaifi à Roland-Garros en octobre 2020. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Le patron de beIN Media et du PSG Nasser Al-Khelaïfi a été acquitté vendredi en Suisse dans une affaire de droits télévisés, tandis que l’ex-numéro 2 de la Fifa Jérôme Valcke échappe à la prison et écope de 120 jours-amende avec sursis pour une accusation secondaire.

Dans ce dossier, le premier des multiples scandales du football mondial à aboutir à un jugement en Suisse, les deux hommes étaient accusés d’avoir conclu un pacte dans le dos de la Fifa, relevant de la « gestion déloyale » et passible de cinq ans de prison.

Soutien contre villa

Au terme de dix jours d’audience en septembre, le parquet avait requis vingt-huit mois d'emprisonnement contre le patron de beIN et du PSG, 3 ans contre Jérôme Valcke et 30 mois contre un homme d’affaires grec, Dinos Deris, qui a été acquitté vendredi du chef de « corruption privée ». Dans les trois cas, l’accusation avait demandé que les peines soient assorties d’un sursis partiel.

Pour le parquet, Jérôme Valcke avait monnayé son soutien à beIN en échange de « l’usage exclusif » d’une luxueuse villa sur la Côte d’Emeraude sarde, achetée pour lui cinq millions d’euros fin 2013 par une société brièvement détenue par Nasser Al-Khelaïfi.

Pots-de-vin ?

L’ancien secrétaire général de la Fifa a admis avoir sollicité l’aide du dirigeant qatari pour financer la « Villa Bianca », quelques mois avant la signature en avril 2014 d’un contrat entre beIN et l’instance du football portant sur les droits en Afrique du Nord et au Moyen-Orient des Mondiaux 2026 et 2030.

Mais pour les prévenus, totalement blanchis dans ce volet, ces deux épisodes n’ont « rien à voir » : ils ont l’un comme l’autre évoqué un arrangement « privé », assurant que verser des pots-de-vin n’aurait eu aucun sens puisque beIN, seul en lice, a payé un montant très élevé dont la Fifa ne s’est jamais plainte.

Valcke condamné dans un deuxième dossier

Devenue un géant mondial des droits sportifs, la chaîne qatarie a en effet déboursé 480 millions de dollars pour deux Coupes du Monde, soit 60 % de plus que pour les Mondiaux 2018 et 2022, un contrat qualifié par Jérôme Valcke de « stupéfiant », « fantastique », « sublime pour la Fifa ».

Dans un deuxième dossier joint à la même audience, Jérôme Valcke a été condamné à 120 jours-amende avec sursis pour « faux dans les titres », mais acquitté du chef de « corruption privée », après avoir touché 1,25 million d’euros de la part de Dinos Deris.