France – pays de Galles : Avant l’Irlande, petits bémols et grandes satisfactions pour le XV de France

RUGBY Le XV de France a fait le plein de confiance avant l’Irlande

William Pereira

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Le Débrief de France-pays de Galles — 20 Minutes

Au Stade de France,

L’avantage quand on remporte un gros match, c’est qu’amical ou pas, on sait que l’équipe est sur les bons rails. Certes, le pays de Galles est la septième nation mondiale juste derrière le XV de France, mais battre deux fois de suite une équipe qui a très peu réussi aux Français jusqu’à l’élimination en quarts de finale du Mondial au Japon ne peut pas être vu comme chose anodine. C’est même un coup en trois bandes : les hommes de Galthié se sont remis sur le droit chemin après la déception écossaise du mois de mars, ont franchi un cap en surclassant une équipe respectable et envoyé un message à l’Irlande, qui se déplacera à Paris la semaine prochaine pour la « finale » du Tournoi.

Forcément, Fabien Galthié se dit « satisfait », de même que les quelques joueurs qui se sont exprimés après le succès de samedi, mais sans jamais en faire des caisses. Vincent Rattez parle ainsi de « match encourageant » quand le collège de journalistes était complètement hypé par le niveau de jeu proposé sur la pelouse du Stade de France. Il est d’ailleurs curieux de voir comme les choses ont changé. Pendant la Coupe du monde, quand la presse fustigeait les lacunes de l’équipe, on nous reprochait de chercher la petite bête. Et maintenant qu’elle carbure, on calme nos ardeurs à la première enflammade.

Trop de pénalités

Il est bien vrai que l’on n’a encore rien gagné et qu’il est tout à fait possible que l’on en reste au même point le week-end prochain. Mais gagner avec 17 pions d’écart contre une nation du Tier 1 au terme d’un match où les types se sont trouvé les yeux fermés malgré un seul entraînement sur le terrain cette semaine, ça laisse une marge incroyable. « Certes on n’a pas eu beaucoup de temps sur le terrain pour préparer les matchs mais on a fait des vidéos pour revoir le système », tempère là encore François Cros. Foutue modestie du gagnant.

On se reprend, on respire un bon coup et on essaye de se mettre à la place des lunettes de Fabien Galthié. Qu’ont-elles vu qui justifie ce relativisme ? La première réponse est facile, à condition de n’avoir pas loupé le premier quart d’heure du match où les Bleus, complètement sonnés, ont concédé un essai dès la première minute et se sont vus menés de dix points par des gaillards assoiffés de revanche. « Cette atmosphère dans le stade [sans supporters] a peut-être engendré ce début de match ou plutôt de non-match », théorise le troisième ligne toulousain. Gaël Fickou abonde : « c’est vrai que ça fait bizarre… On a très mal commencé, et ça il faudra pas le faire contre l’Irlande. »

Puisqu’on est sur les axes d’amélioration avant le match le plus important de 2020, parlons de l’autre sujet qui fâche, celui de l’indiscipline. 16 pénalités concédées à quatre pour les Bleus, c’est immense. « Incroyable à ce niveau », dira Fabien Galthié. « Ça nous a aussi fait toucher du doigt ce qu’on pouvait améliorer au niveau international. » « On a eu un peu de mal à s’adapter à l’arbitrage, confirme le capitaine Charles Ollivon. J’ai des regrets par rapport à ce match. On va essayer d’être plus à l’écoute de l’arbitre, on va essayer de corriger ça. » Ça vaut mieux, oui. Car les Irlandais ne laisseront pas forcément filer huit points en dix minutes comme Dan Biggar, dont on essaye encore de comprendre comment il a pu se liquéfier face aux perches après une belle entame contre le XV de France.

Confiance dans le plan de jeu et charnière en feu

Tout ça, c’est bien beau, mais on ne nous enlèvera pas que les Irlandais ont au moins un peu les pétoches avant de débarquer à la maison et que ces brèches dans le jeu des Français seront bien difficiles à exploiter. Car avant d’attaquer, encore faut-il pouvoir assurer ses arrières. Que peut-il arriver à des gars capables de gifler une équipe réputée extrêmement solide défensivement ? « La charnière est très, très bonne », se satisfait Fabien Galthié. Si Dupont et Ntamack – 100 % au pied – confirment à ce niveau, dans une semaine, on ne voit pas trop ce qui pourrait empêcher les Bleus de livrer un nouveau festival offensif. D’autant plus que la complicité et les automatismes ne pourront que s’améliorer au gré des entraînements pendant le rassemblement.

Enfin, le fait d’avoir dû surmonter une situation délicate pour finir en apothéose en dit long sur la progression d’une équipe dont on regrettait à peine un an plus tôt son incapacité à tenir plus de 40 minutes à très haut niveau. Ces joueurs savent ne pas se laisser submerger. « Y a pas un mec qui a paniqué », applaudit le capitaine. « Ça montre la force de caractère dans ce groupe, continue Vincent Rattez. On est assez sûr de nos forces, on sait que sur 80 minutes, si on tient notre plan de jeu et qu’on est tous à 100 % on peut renverser la vapeur et gagner. »

De l’importance du sacro-saint cadre dont a rapidement parlé le sélectionneur. « On essaye d’y mettre de la cohésion avec et sans ballon, de maîtriser notre énergie pour savoir à quel moment on doit porter le ballon, à quel moment on doit se débarrasser du ballon. […] Mais il y a un peu de frustration. On n’a pas pu exploiter tout ce qu’on voulait, et puis il y a quelques options qu’on n’a pas sorties. Mais tant mieux, qu’on s’en serve plus tard. » Dans une semaine, par exemple ?