Ski : Comment la championne olympique Perrine Laffont s’engage contre le réchauffement climatique malgré la « culpabilité »

CLIMAT Numéro 1 mondiale du ski de bosses, Perrine Laffont veut sensibiliser les jeunes aux problématiques environnementales. Même si la jeune Ariégeoise a conscience de pratiquer un sport pas toujours « écolo compatible »

Nicolas Stival
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Perrine Laffont lors d'une épreuve de Coupe du monde à Calgary, au Canada, le 12 janvier 2019.
Perrine Laffont lors d'une épreuve de Coupe du monde à Calgary, au Canada, le 12 janvier 2019. — Jeff McIntosh / AP / Sipa
  • Perrine Laffont compte sensibiliser les enfants aux problématiques climatiques lors d’un événement organisé en Ariège, dans sa station des Monts-d’Olmes.
  • La championne olympique de ski de bosses tente aussi de promouvoir la cause environnementale dans son sport. Mais elle se heurte à des freins puissants.

Pour Perrine Laffont, la reprise de la saison de Coupe du monde – si le Covid le veut bien – est programmée le 4 décembre à Ruka, en Finlande. La reine incontestée du ski de bosses veut étendre son règne. Mais l’Ariégeoise de bientôt 22 ans (elle les aura le 28 octobre) travaille également sur un autre projet lié à l’environnement, sur les pentes où elle a effectué ses premiers sauts.

La station des Monts-d’Olmes organise déjà chaque année une journée Perrine Laffont, avec selfies et séance de bosses au programme. La championne olympique veut désormais aller plus loin. « Avec mes partenaires, on cherche à faire grandir l’événement, à parler de certaines causes qui me tiennent à cœur, comme le réchauffement climatique, a-t-elle expliqué ce mercredi matin, en visioconférence de presse. Il faut sensibiliser les enfants, car ce sont eux qui pourront changer les choses. »

Les détails de la manifestation restent à définir, ainsi que la date. D’habitude, la journée a lieu en février, mais le calendrier sportif de l’Ariégeoise compromet cette possibilité. « Ce sera peut-être à Noël, mais c’est toujours compliqué en fonction de la neige. Ou bien en mars. » Sous réserve des conditions sanitaires à ce moment-là, bien sûr.

« C’est tellement politique tout ça »

La reine des bosses reconnaît volontiers une contradiction entre ses engagements et son sport, qui l’amène à se déplacer fréquemment en avion vers tous les monts du monde. « On ressent de la culpabilité, admet-elle. On se bat pour une cause mais on n’aide pas à faire que ça s’améliore. Mais c’est tellement politique tout ça. Le fait d’en parler, de se concerter entre athlètes, cela peut permettre de faire bouger les choses ; Mais quand vous voyez ce que dit le président de la FIS… »

En février 2019, Gian-Franco Kasper, le patron helvète de la Fédération internationale de ski, avait évoqué « le soi-disant changement climatique », dans le journal suisse germanophone Tages Anzeiger.

Casse-tête chinois

« Il y a aussi la Chine, cela me sort par les yeux, c’est complètement fou de voir qu’une telle station va accueillir les Jeux », se désole la Pyrénéenne. En 2022, les JO de Pékin doivent se dérouler en bonne partie dans la région de Zhangjiakou, à 200 km au nord-ouest de la capitale chinoise, au prix de travaux colossaux et d’un recours massif à la neige de culture. Pas forcément « écolo compatible », même si les autorités locales assurent travailler pour réduire l’empreinte carbone des Jeux.

En guise de répétition, ce site accueillera du 18 au 28 février prochain les Mondiaux de ski acrobatique et de snowboard. C’est donc dans ce site abhorré que Perrine Laffont décrochera peut-être le seul titre qui manque à son incroyable palmarès : celui de championne du monde en individuel. L’ironie du sport.