Un Dakar sélectif

DAKAR L'édition sud-américaine est particulièrement corsée...

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L'Espagnol Marc Coma lors de la sixième étape du Dakar entre San Rafael et Mendoza, Argentine, le 8 janvier 2009.
L'Espagnol Marc Coma lors de la sixième étape du Dakar entre San Rafael et Mendoza, Argentine, le 8 janvier 2009. — G. BOUYS / AFP

Partis à 500, ils ne sont déjà plus que 289 vendredi matin. Près de la moitié des véhicules du Dakar ont abandonné la course. L'hécatombe est saignante dans toutes les catégories: 73 motards (sur 217 au départ), 7 quads (sur 25 départs), 69 (sur 177) autos et 62 camions (sur 81) ont renoncé à relier Buenos Aires. Parmi eux une kyrielle de motards amateurs et quelques favoris comme le tenant du titre Stéphane Peterhansel ou encore Luc Alphand qui déclarait à 20minutes.fr qu'il redoutait cette première semaine. dakar2009

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Le vainqueur 2006 n'avait sans doute pas tort. La terrible étape de mercredi entre Neuquén et San Rafael, 763 kilomètres dans la poussière du Guadal puis sous la grêle d'un orage, en a laissé plus d'un sur le carreau. A 20 heures, lorsque l'étape est neutralisée, certains pilotes ne sont pas encore rendus au check point numéro 1. Le jeudi matin, selon l'organisation, ils sont encore nombreux sur l'étape.

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«Le mercredi soir, j'ai été voir Pierrick Bonnet qui en est à son huitième Dakar car je savais qu'il n'allait pas me raconter des cracks. Il m'a dit que c'était l'étape la plus dure qu'il n'avait jamais faite», raconte André Lenoble, un motard qui a abandonné le premier jour. Vu la difficulté de cette étape et aussi à cause des conditions météo (un gué infranchissable le jeudi, la pluie le vendredi) les organisateurs ont préféré réduire les deux spéciales suivantes (de 394 à 178 km entre San Rafael et Mendoza et de 419 à 243 entre Mendoza et Valparaiso). Peine perdue, l'étape de jeudi a été neutralisée au CP1 à 20h et le bivouac avait l'air tristement désert le soir.

Un vrai Dakar loin d'Afrique


Même sur un nouveau continent, les concurrents ne pourront pas dire qu'ils partaient dans l'inconnu. Cela fait des semaines que les organisateurs ne cessent de répéter que l'Amérique du Sud replongerait les pilotes dans l'esprit des premiers Dakar. Certains ne s'en plaignent pas. «J‚ai l‚impression que David Castera a voulu revenir aux origines du Dakar. Il a fait un tracé dur qui renoue avec la notion d'aventure», explique Franck Cornillé, qui a renoncé à cause d'une fracture au poignet mardi. A la recherche d'une nouvelle région où s'épanouir, ASO ne pouvait se permettre de proposer un rallye trop facile qui aurait fait immédiatement regretter les dunes africaines aux amoureux de l'Afrique. On se souvient des critiques contre l'édition 2003 tracée sur le désert plat de Libye et qui menait les concurrents vers Sharm Al Sheikh en Egypte.

Mais d'autres facteurs expliquent l'hécatombe. Depuis 2004, le parcours du Dakar était quasiment le même avec ses passages obligés comme la descente du Maroc puis le franchissement des dunes de la Mauritanie (avec des variantes comme les passages en Guinée, au Mali ou au Burkina Faso..). Certains vieux grognards s'étaient peut-être un peu trop habitués à ces étapes devenues des classiques. Autre écueil sur le chemin de Buenos Aires, les pistes roulantes et étroites d'Argentine, rendues dangereuses par le Guadal, ne facilitent pas toujours le dépassement. «Mon ami est parti trois fois au tas à cause d'une voiture», témoigne André Lenoble. Les incidents entre motos, quads, automobiles et camions ont ainsi été nombreux. Sans parler de la longueur des spéciales et de la chaleur qui ont rendu cette première partie de Dakar très physique. Le jour de repos de samedi va faire du bien à tout le monde.