Bretagne : Quand des noyaux d’olives remplacent les billes plastiques sur un terrain synthétique de foot

FOOTBALL Cette technique innovante et écologique vient répondre aux critiques visant les billes de plastique

Camille Allain

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Près de Rennes, un terrain de football rempli de noyaux d'olives — 20 Minutes
  • A Guichen, près de Rennes, un nouveau terrain de football synthétique est en cours de finition.
  • Au lieu d’être rempli de billes de plastique, très décriées, le terrain sera rempli de noyaux d’olives récoltées à Aix-en-Provence.
  • La municipalité avance « un choix écologique » qui est un peu plus onéreux mais lui a permis de solliciter des subventions.

« J’ai terminé certains matchs avec 500 grammes dans chaque chaussette ». Ce footballeur amateur a beau exagérer, il est le reflet d’une réalité. Sur les terrains de football synthétiques, les billes de plastique utilisées pour le remplissage ont de moins en moins la cote et s’infiltrent partout. En 2017, une enquête du magazine SoFoot évoquait même les risques de cancer liés à l’utilisation de ces billes en SBR (styrene-butadiene rubber). Depuis, les fabricants tentent de trouver des solutions plus écologiques et moins susceptibles d’affecter la santé des joueuses et joueurs de football. A Guichen, près de Rennes, la municipalité a opté pour une solution innovante à base de noyaux d’olives concassés.

Elles n’ont pas l’odeur de la Provence mais elles se fondent parfaitement dans le paysage breton. Depuis quelques jours, le club de football de Guichen, fort de 500 licenciés, n’a d’yeux que pour ses noyaux d’olives. Ils viennent de remplir le tout nouveau terrain synthétique commandé par la municipalité à la société Sport Initiatives. « On a besoin de trois kilos d’olives au mètre carré. Pour le SBR, c’est 15 kg du mètre carré », explique Régis Paillard, l’un des représentants de la société. Selon lui, le surcoût lié à l’utilisation des noyaux d’olives serait d’environ 80.000 euros sur un projet facturé 940.000 euros TTC. « Mais grâce à cette technique, nous avons reçu une subvention de 120.000 euros par l’Etat », argumente l’adjoint aux travaux de la ville Jean Lemoine.

« C’est un choix écologique »

Pour la ville, le recours à cette technique innovante est pleinement assumé. « Le club avait absolument besoin d’un terrain synthétique. On nous a présenté plusieurs solutions et celle-ci nous apparaissait comme meilleure. C’est un choix écologique », assume le maire Dominique Delamarre. Avant de déverser leurs tonnes de noyaux sur le terrain, les concepteurs ont dû remblayer l’ancien terrain stabilisé et apposer une « sous-couche coulée » similaire à ce que l’on retrouve dans les aires de jeux pour enfants. Deux cents tonnes de sable ont ensuite été nécessaires pour permettre la pose du gazon synthétique.

Ballon au pied, l’entraîneur du club Gwenaël Corbin semble ravi. « Les séances sur les stabilisés, ça n’a rien de plaisant pour les joueurs. Avec cette technique, on va sans doute rassurer les parents qui avaient des craintes sur les billes de plastique », estime le coach. Au-delà de l’aspect écologique, c’est surtout le confort qui prime aux yeux de l’entraîneur de l’équipe 1, redescendue en régionale 1 après une saison perturbée par le Covid. « Ça fait dix ans que l’on réclame un terrain. Depuis des années, je dois aller à Goven (une commune voisine) pour faire les entraînements. On va soulager notre pelouse, ce sera un confort pour tout le monde ». Chaque hiver, le club devait jouer ses matchs à l’extérieur, faute de proposer un terrain en bon état.

A Guichen, le nouveau terrain synthétique servira « tous les jours » promet la mairie. C’est pour cette raison que la municipalité a opté pour les noyaux d’olives et non pas pour le liège, autre solution écologique en vogue. « Le liège se disperse plus facilement et cela demande davantage d’entretien quand on joue souvent », explique Régis Paillard. Le terrain synthétique de Guichen coûtera environ 7.000 euros par an à la mairie pour son entretien. A côté, le gazon bien vert servant uniquement pour les matchs est estimé à 25.000 euros par an.