Guerlain Chicherit, du ski extrême aux dunes du Dakar

PORTRAIT Le pilote BMW rêve d'un podium...

M.Go.

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Guerlain Chicherit lors du départ du Dakar à Lisbonne en 2007. Cette année, en Amérique du Sud, il aura toujours comme co-pilote Matthieu Baumel.
Guerlain Chicherit lors du départ du Dakar à Lisbonne en 2007. Cette année, en Amérique du Sud, il aura toujours comme co-pilote Matthieu Baumel. — Reuters

Dans le brouhaha des vérifications administratives qui précèdent le Dakar, certains pilotes ont une goutte de sueur au front en vérifiant une énième fois qu’ils ont bien pensé à prendre avec eux les différents formulaires. Guerlain Chiherit se balade au milieu de tout ça, une canette de boisson énergisante à la main. «Je crois que je n’ai jamais été aussi cool qu’aujourd’hui, raconte l’un des pilotes de l’écurie BMW, l’une des 3 top écuries avec Mitsubishi et Volkswagen. Comme j’avais bien bossé pendant 6 mois, je viens de me prendre une semaine de vacances avec ma copine en Argentine. J’ai un très bon feeling, là. Comme sur une compétition de ski en fait…»
Dakar2009

Du ski freeride aux dunes

Car, dans la grande lignée des Luc Alphand ou Carole Montillet, Guerlain Chicherit est un descendeur qui est venu tracer de nouvelles lignes dans le sable. Mais, contrairement aux skieurs du monde olympique, Chicherit, cheveux blonds, en pétard à sa meilleure époque, est plutôt de la tribu des skieurs extrêmes. A 29 ans, il est quadruple champion du monde de la discipline après avoir conquis sa première couronne en 2002. «C’est sûr que le mal des montagnes que redoutent certains cette année à cause des plateaux de la Cordillère des Andes, je n’y pense même pas», glisse dans un sourire l’habitant de Tignes.

Quelques images lors de la conquête de son quatrième titre:




Autre différence majeure avec «Lucco» Alphand, Chicherit n’a pas attendu la fin de sa carrière de skieur pour se mettre au sport auto. Deux ans après avoir été champion du monde de ski extrême pour la première fois en 2002, ce touche-à-tout , champion de France de judo à 15 ans et plus jeune ceinture noire de France, participe au trophée Andros et gagne la manche de Super Besse. En 2005, il termine 49e de son premier Dakar et en 2006, 9e au général après avoir gagné une étape au volant d’une BMW. Des résultats prometteurs pour un jeune homme de 28 ans qui participait tout juste à l’époque à son 2e Dakar.

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Le Chicherit version Buenos Aires n’a pas beaucoup changé, sauf qu’il lui a fallu gérer l’excitation grandissante autour de son nom. «Cette année, j’ai décidé de m’enlever toute pression et de me recentrer sur le plaisir de rouler, explique-t-il. Cela ne veut pas dire que l’on évacue la notion d’objectif. Je vise le top 5 et je rêve du top 3.» Propulsé dans une écurie exigeante, le skieur sait ce qu’il veut. «Ils ont voulu m’imposer un nouveau chassis il y un mois et demi, mais j’ai décidé de garder l’ancien», raconte le Tignard qui avait dû abandonner son troisième Dakar en 2007 après un accident. «Cette course, il faudra d’abord la finir et les étapes de sable vont être très dures… Ça ne me déplaît pas. Ce que j’aime dans ce Dakar, c’est que tout le monde part dans l’inconnu et cela peut profiter aux jeunes pilotes», lance-t-il avant d’aller boire quelques verres pour le réveillon avec un membre argentin du team BMW. Cette année encore, les aînés devront se méfier de Chicherit.