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Opération de sauvetage en cours dans les mers du Sud: récit d’une folle journée
VOILE•Yann Eliès s'est sans doute brisé le fémur dans les mers australes...M. Go.
Tout a commencé par une banale manœuvre. Jeudi matin, Yann Eliès s’apprête à changer une voile à l’avant de son bateau quand une vague stoppe brutalement le voilier. Les pieds bien calés, seul le haut du corps du skipper bascule vers l’avant entraînant une douleur insupportable. «Heureusement, il est retombé du bon côté, raconte Alain Gautier, ancien vainqueur et responsable de la sécurité sur cette édition. Yann a eu tout de suite très mal à la jambe et il a rampé tout le long du bateau pour se mettre à l’abri.»
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Immédiatement, grâce à la télécommande de son pilote automatique, Eliès dirige son bateau pour le mettre à la cape (une manœuvre qui consiste à le faire ralentir). Le docteur de la course Jean-Yves Chauve se met alors en relation avec le skipper de Generali. «Il se doutait qu’il avait la jambe cassée. Vu les symptômes, il est quasiment certain que son fémur est cassé. C’est une fracture très douloureuse et il était très choqué. Il faut qu’il arrive à prendre de la morphine mais pour le moment tout mouvement lui fait trop mal», racontait le docteur spécialiste de la course à la voile qui analyse cette fracture comme relevant de «l’accidentologie automobile». Preuve qu’aux vitesses atteintes par les bateaux du Vendée Globe, aucune manœuvre n’est banale. En 1992, l’Anglais Alan Wynne-Thomas avait chaviré. Il avait passé vingt jours avec six côtes cassées dans le grand Sud. En deux jours, il avait liquidé son stock de morphine.
Mobilisation générale
Dans l’instant, les secours s’organisent. Au moment de l’accident, le bateau d’Eliès se situe à 800 milles des côtes australiennes dans l’océan Indien. Les secours du Maritime Rescue Coordination Center (MRCC) de Canberra en Australie, sont alertés. Une frégate de la marine (médicalisée) doit quitter Perth à 20h50 ce soir. Cette vedette militaire a 800 milles à parcourir pour rejoindre Generali, soit environ deux jours de mer. Une éternité pour Eliès bloqué en position allongé et souffrant le martyr à cause des chocs des vagues. Les skippers de la course proposent leur service. Marc Guillemot et Sam Davies sont déroutés par la direction du Vendée, Armel Le Cléac’h et Vincent Riou, mal placés, sont priés de continuer leur route. Guillemot, à moins de 100 milles, devrait arriver dans la soirée. Il ne pourra pas monter à bord mais seulement accompagner le bateau d’Eliès en lui parlant par radio. «Même si Yann allait mieux dans l’après-midi, c’est très important au niveau psychologique, explique Jean-Yves Chauve. Et puis, avec sa jambe cassée, il ne peut pas allumer son moteur qui lui fournit l’énergie et peut se retrouver sans téléphone satellite. Si ça arrive, Guillemot assurera le relais avec la direction de course». Autre souci, Yann Eliès n’a pas pu affaler ses voiles. «Heureusement, la météo n’a pas prévu que le vent monte», se rassure Alain Gautier.



















