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Les footballeurs virent-ils vieux cons?

Les footballeurs virent-ils vieux cons?

FOOTAnciens contre nouveaux, la querelle des générations gagne le foot français...
Alexandre Pedro

Alexandre Pedro

«C’était mieux avant». L’axiome ne date pas d’hier, mais reste d’actualité après les récents propos de Grégory Coupet au sujet de la génération 87, celle des Benzema-Nasri-Ben Arfa.


Du haut de ses 35 ans, l’ancien gardien lyonnais confie ce vendredi à l’hebdomadaire «Lyon Mag» son malaise vis-à-vis de la jeune garde. «Voir des mecs arriver en retard à l’entraînement me faisait péter un câble», s’indigne Coupet. «Moi, si je devais avouer à ma mère que j’ai payé 1.000 euros d’amende parce que je n’ai pas été capable d’être à 10h à l’entraînement, j’aurais honte.»

Qui contrôlera le bus des Bleus?


Coupet explique même son départ pour l’Atlético Madrid par les relations tendues qu’il entretenait avec les jeunes pousses de l’OL. «Je ne me suis pas pris la tête avec des joueurs mais intérieurement, cela me bouffait.» Ces déclarations s’ajoutent aux propos de William Gallas (31 ans) dans son autobiographie. «Moi aussi, j’ai eu 20 ans. Jamais, je ne me serais permis de parler sur un ton insolent à un joueur plus âgé que moi… Les jeunes de l’Euro 2008 semblent très culottés, très sûrs d’eux. Ils pensent tout connaître mais ils ne savent rien», déplore le défenseur d’Arsenal. A 20 ans, Gallas évoluait à Marseille… avec un contrat amateur. Autre temps.


Jean-Alain Boumsong – presque un grabataire du haut de ses 29 printemps – parle d’une «génération turbulente à la confiance insolente». Revient alors en mémoire l’épisode du bus des Bleus lors du dernier Euro; bus devenu symbole de ces frictions générationnelles, Thierry Henry s’étonnant alors que Samir Nasri puisse préempter sa place attitrée.


Une question de salaire


Peur de passer le témoin, jalousie exacerbée ou discours de bons sens adressé à une jeunesse trop impétueuse: il y a un peu de tout cela dans cette querelle des Classiques et des Modernes au pays du ballon rond. Il y a surtout l’évolution profonde et irréversible du football sur une décennie, de ses salaires, de sa médiatisation et de ses valeurs.


Ainsi, quand à 20 ans, Zinédine Zidane émergeait péniblement avec un salaire d’employé sous le maillot cannois, Karim Benzema est au même âge déjà assujetti à l’ISF et a l’Europe du foot à ses crampons. Alors, quand le premier émet une critique sur le second – qui doit franchir un cap en Equipe de France selon lui – le second n’apprécie pas la remarque, même émise par le plus glorieux de ses aînés. Et si tout ce beau monde se parlait au lieu de se tacler par médias interposés?