Sébastien Tillous-Borde: du neuf en 9 pour le XV de France

RUGBY Portrait du nouveau demi de mêlée des Bleus...

Alexandre Pedro

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Sébastien Tillous-Borde lors de la tournée du XV de France en Australie.
Sébastien Tillous-Borde lors de la tournée du XV de France en Australie. — S.Holland / REUTERS

Sébastien Tillous-Borde n’était pas au programme de l’Equipe de France. Quatrième demi de mêlée dans la hiérarchie établie, le Castrais a profité de la disgrâce de Pierre Mignoni et de la blessure de Morgan Parra pour s’asseoir dans un premier temps sur le banc des Bleus contre la sélection des Iles Pacifique. Entré au pied levé après l’assommage en règle d’Elissalde par Nalaga, Tillous-Borde a été l’un des rares satisfactions de ce brouillon de test-match. Satisfait de la sortie «exemplaire» de son neuf, Marc Lièvremont lui a déjà assuré de conduire le pack tricolore samedi contre l’Australie (21h).

Excès de musculation


A 23 ans, le natif d’Oloron Sainte-Marie confirme un talent trop longtemps resté à l’état de promesse. «C’est un garçon avec des qualités de vitesse extraordinaire à la base», se souvient Patrice Lagisquet, son ancien entraîneur au Biarritz Olympique. «A l’image d’un Byron Kelleher, il fait parti de ses neufs modernes, capables de jouer devant les avant grâce à leur puissance».

Une puissance gagnée à dose excessive de musculation regrette Lagisquet. «Il est resté un an sans jouer à cause d’une blessure au genou. C’est à ce moment là qu’il s’est renforcé musculairement. Je lui ai même dit qu’il en faisait trop. Il a peut-être gagné en puissance mais perdu en souplesse et vitesse», estime l’ancien manager biarrot, dont l’un des plus gros regrets et «de ne pas avoir pu retenir son départ». Aujourd’hui, Tillous-Borde pointe à 1m76 pour 86 kilos environ.

Des retrouvailles avec l’Australie

Si la comparaison avec Kelleher commence à fatiguer l’ancien champion du monde espoir, elle n’est pas de dénuée de sens. Comme le Néo-Zélandais, Tillous-Borde sait se transformer en neuvième avant quand le besoin sans fait sentir. Moins régulateur qu’un Elissalde, le Castrais «doit encore progresser dans l’organisation», estime Lagisquet. «C’est un joueur de tempérament, s’il retrouve toutes ses qualités de vitesse, il peut aller très loin», prétend l’ancien ailier des Bleus.

Au Stade de France, Sébastien Tillous-Borde ne part totalement pas dans l’inconnu face aux Australiens. En juin dernier, il faisait parti de cette Equipe de France bis offerte en pâtures aux Wallabies. Depuis, le «Petit Byron» a prouvé qu’il pouvait être mieux qu’un simple intérimaire.