Violences sexuelles dans le patinage : Didier Gailhaguet annonce sa démission dans un souci de « pur apaisement »

PATINAGE Le patron historique de la fédération a renoncé à son poste au coeur du scandale

B.V.

— 

Didier Gailhaguet
Didier Gailhaguet — Francois Mori/AP/SIPA

Didier Gailhaguet n’est plus le président de la Fédération française des Sports de Glace. En plein cœur du scandale des violences sexuelles qui secoue le patinage français, l’historique boss du patin français a finalement décidé de renoncer. « Après avoir dit haut et fort ma vérité sur ce qu’est notre belle fédération, et dans un souci de pur apaisement, j’ai pris avec philosophie et dignité, mais sans amerture aucune devant son injustice, la tête haute, la sage décision de démissionner », a-t-il expliqué face à la presse devant le siège de la Fédération. La présidente du conseil fédéral, Maryvonne Del Torchio, assurera l’intérim avant de nouvelles élections.

La décision a été prise à la suite d’un conseil fédéral extraordinaire tenu samedi. Didier Gailhaguet assure avoir pris lui-même la décision de démissionner, sans vote interne. Avant d’annoncer son retrait, Didier Gailhaguet a défendu son bilan : « Oui, notre fédération est belle, oui elle est saine, explique-t-il. Il est temps désormais devant l’onde de choc qui a frappé de passer à une autre séquence, celle de l’apaisement. »

« Dysfonctionnement général »

Il a dénoncé « la dictature ministérielle et notamment la honteuse menace d’un retrait de l’agrément » de la fédération brandi par la ministre des Sports Roxana Maracineanu, qui avait exigé sa démission lundi. Depuis plus d’une semaine, le sport français vit une crise sans précédent, déclenchée par une vague de révélations de violences sexuelles. Plusieurs anciennes patineuses ont accusé trois entraîneurs d’avoir abusé d’elles entre la fin des années 1970 et le début des années 1990, quand elles étaient adolescentes.

La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, avait réclamé la démission de Didier Gailhaguet lundi, fustigeant un « dysfonctionnement général » à la fédération.

Elle avait pointé la responsabilité de Gailhaguet dans le retour dans le circuit du patinage de l’entraîneur Gilles Beyer, malgré une enquête administrative au début des années 2000, pour des attitudes inappropriées avec des patineuses, qui avait conduit le ministère à le sortir de ses rangs en 2001. Didier Gailhaguet, 66 ans, avait assuré n’avoir jamais protégé Gilles Beyer et avait tenté de contre-attaquer en mettant en cause le ministère.

« Déconstruire pour mieux reconstruire »

« Il n’y a pas d’autre solution que de déconstruire pour mieux reconstruire, a alors réagi la ministre des Sports Roxana Maracineanu samedi après-midi. Pour que le sport en sorte grandi, il ne faut pas avoir peur de ça ». La ministre a par ailleurs indiqué que « des témoignages arrivent sur d’autres disciplines » à ses services.

Roxana Maracineanu a précisé que l’enquête administrative visant la FFSG débuterait « dès lundi » et durerait « quelques bonnes semaines ». « Et dans les territoires, nos agents vont aller dans les 176 clubs pour accompagner les entraîneurs, les sportifs, les familles, et mener des enquêtes administratives », a-t-elle détaillé.

Quant à la procédure de retrait de la délégation à la fédération, « elle va démarrer », a ajouté la ministre. « La procédure ne veut pas dire forcément qu’on va enlever la délégation, comme ça ne veut pas dire qu’on ne va pas l’enlever. On va faire ces enquêtes. Et derrière, les responsabilités seront pesées. »

Roxana Maracineanu rencontrera la semaine prochaine la désormais présidente par intérim de la FFSG, Maryvonne Del Torchio, a-t-elle aussi annoncé.