Ligue 1 : 73 joueurs, 14e défense… Les chiffres du bazar à Monaco après le deuxième passage de Jardim

FOOTBALL Le club monégasque est dans un drôle d'état

B.V.

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Le coach portugais Leonardo Jardim.
Le coach portugais Leonardo Jardim. — AFP

On souhaite bien du courage à Robert Moreno. Si le nouveau coach de Monaco va récupérer une équipe compétitive (qui ne voudrait pas d’une attaque Ben Yedder – Golovine – Slimani ?), il va aussi devoir gérer un beau bordel. Le deuxième passage de Leonardo Jardim revenu en janvier dernier après avoir été remplacé une première fois par Thierry Henry en octobre 2018, est loin d’être une réussite. Entre ses relations très fraîches avec le nouveau vice-président du club Oleg Petrov et des résultats très moyens, Jardim a souffert pendant les dix derniers mois. Voici quelques chiffres pour comprendre l’étendue de la tâche qui attend l’Espagnol.

73, le nombre de joueurs sous contrat

Petit jeu: tapez « joueurs sous contrat » sous google. La première occurrence qui arrive, avant même que vous ayez eu le temps de finir votre phrase, c’est « AS Monaco ». A force d’empiler les joueurs, de tenter des paris, de recruter en panique et de miser sur des joueurs d’avenir, l’ASM a recruté beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de joueurs. 73 sous contrat, c’est grosso modo 40 de trop (rappel : on joue à 11), même si plusieurs ont été prêtés au club satellite du Cercle Bruges (où ils ne jouent pas vraiment, d’ailleurs). Jardim n’est pas l’unique responsable de cette situation, entre les joueurs souhaités par Henry et ceux imposés par la direction. Mais il n’a pas non plus arrangé grand-chose depuis son retour aux affaires, début 2019, et cette problématique existait déjà à la fin de son premier règne.

Bref, cet hiver, ça va être opération dégraissage. On imagine déjà Boschilia, Henrichs, Onyekuru et une bonne dizaine d’autres joueurs peu utilisés tenter de faire leurs valises. A moins que le changement d’entraîneur… Quoi qu’il en soit, il faudra lâcher du lest.

- 67 millions

C’est la balance de transferts (négative, donc) de l’ASM sur le dernier mercato. Là encore, tous ne sont pas des échecs, cf Ben Yedder. Il n’empêche, pour une équipe qui a l’habitude de bien et beaucoup vendre, Monaco a fait un dernier mercato coûteux, à hauteur de 150 millions, et une réussite toute relative (Maripan, Onyekuru).

14e défense

Si Monaco pointe à une généreuse 7e place au classement de Ligue 1, c’est au niveau de la défense qu’il faut voir les faiblesses de ce deuxième règne de Leo Jardim. L'ASM n'est que la 14e défense de Ligue 1, et les joueurs qui avaient fait la grandeur (Glik, Jemerson) de l’épopée en Ligue des champions font aujourd’hui sa décadence. Particulièrement en début de saison, où Monaco avait encaissé 14 de ses 30 buts lors de cinq premières journées catastrophiques, une dernière place de Ligue 1 à la clé.

Huit tactiques différentes

Conséquence directe de la statistique précédente, Jardim a passé tout son début de saison à chercher la solution tactique. Depuis août, il a presque tout tenté, avec huit tactiques différentes, allant de 3 à 5 défenseurs, des 4-4-2, des 4-3-3, tout. Avec une réussite limitée, dirons-nous. Une incohérence qui aura perdu les supporters autant que les suiveurs. Au final, c’est le début de saison magnifique du duo Slimani-Ben Yedder qui sauve le bilan sportif de l’entraîneur Portugais.

Paradoxalement, le licenciement de Jardim intervient au moment où il semble avoir un peu redressé la barre sportivement, avec une belle victoire sur Lille et une remontée intéressante au classement. Après tout, l’ASM n’est qu’à cinq points de la Ligue des champions. « Le début de saison a été très difficile, particulièrement au tout début. Pour des raisons connues, nous étions derniers du classement et on est maintenant septièmes, déclarait Oleg Petrov quelques jours avant de virer Jardim. C’est un progrès, mais ce n’est pas assez, ce n’est pas ce que l’équipe mérite. Cette position ne reflète pas les ambitions du club et les qualités techniques de l’équipe. »

Huit millions d’euros

C’était le premier « parachute doré » de Leonardo Jardim, lorsqu’il a été viré en octobre 2018 avant d’être rappelé en urgence quelques mois plus tard, avec un contrat de deux ans et demi autour de 330.000 euros par mois, selon les informations de L'Equipe. Une source au club assure au quotidien sportif que si les négociations ne sont pas encore terminées, ce deuxième chèque sera assurément inférieur au premier. Il n’empêche, en plus d’avoir fait perdre presque une année à Monaco, le deuxième règne Jardim va aussi coûter un sacré paquet d’argent.