Dopage: Le patron de l'athlé français reçu jeudi par Roxana Maracineanu pour des «explications»

TRICHE Plusieurs affaires de dopage secoue l'athlétisme français, notamment le contrôle positif de la fondeuse Ophélie Claude-Boxberger

20 Minutes avec AFP

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L'épreuve du 3.000 m steeple lors des mondiaux de Doha, au Qatar (illustration).
L'épreuve du 3.000 m steeple lors des mondiaux de Doha, au Qatar (illustration). — Petr David Josek/AP/SIPA

Avis de tempête sur l’athlétisme français. La ministre des Sports Roxana Maracineanu va recevoir jeudi matin le président de la Fédération française d’athlétisme (FFA) André Giraud, pour lui "demander des explications" après une série d’affaires de dopage, a-t-on appris mercredi auprès du ministère des Sports.

"Elle compte lui demander des explications, connaître les détails de la stratégie (de la Fédération) sur le suivi médical", a expliqué à l’AFP une source au ministère. Pour Roxana Maracineanu, "si les affaires sortent, c’est que l’antidopage fonctionne, mais il y a des choses qui interpellent", a-t-on ajouté. Comme toutes les fédérations olympiques, la FFA reçoit une subvention annuelle de l’État pour le haut niveau et agit dans le cadre d’une délégation de mission de service public.

Ophélie Claude-Boxberger contrôlée positive

Ces derniers mois ont été émaillés par plusieurs affaires de dopage dans l’athlétisme français.

Mardi, le contrôle positif à l’EPO de la fondeuse Ophélie Claude-Boxberger a été révélé. "Le tribunal populaire depuis hier m’a déjà jugée alors qu’il y a une procédure judiciaire en cours et une instruction auprès de l’AFLD de ce contrôle positif à l’EPO", écrit Ophélie Claude-Boxberger sur sa page Facebook. "J’ai demandé l’analyse de l’échantillon B afin de savoir si cela se confirme et par ailleurs j’essaie de comprendre comment ce produit a pu se retrouver détecté dans mon corps", poursuit l’athlète française.

Le directeur médical de la FFA, le docteur Jean-Michel Serra, s’était inquiété en juin 2019 auprès de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) du nombre de contrôles visant son athlète Ophélie Claude-Boxberger, avec qui il entretient une relation sentimentale. Une démarche sans en informer sa hiérarchie, qui lui avait valu d’être épinglé par sa fédération.

Un audit en cours

Durant les Championnats du monde d’athlétisme à Doha, c’est le champion d'Europe 2018 du 10.000 m, Morhad Amdouni, forfait de dernière minute au Qatar, qui a été visé par un reportage de la télévision allemande ARD. Elle avait révélé des échanges sur la messagerie Whatsapp où une personne présentée comme un fournisseur de produits dopants lui réclame un paiement pour un achat d’EPO. Des accusations fermement rejetées par Amdouni, qui n’est visé pour le moment par aucune procédure disciplinaire. L’AFLD avait précisé début octobre qu’elle enquêtait sur lui.

Par ailleurs, selon une source proche du dossier, une mission d’inspecteurs généraux du ministère des Sports, sur demande de la ministre, est en cours sur le suivi par les fédérations des stages à l’étranger de leurs sportifs de haut niveau.

La fondeuse Clémence Calvin, vice-championne d'Europe 2018 du marathon à Berlin, a fait face mercredi aux juges de la Commission des sanctions de l’AFLD. Suspendue provisoirement depuis le 25 avril 2019, elle est soupçonnée de s’être soustraite à un contrôle inopiné le 27 mars 2019 alors qu’elle se trouvait au Maroc, ce qui avait soulevé la question de ce suivi.