Hocine Ragued: «Une grande fierté de revenir à Paris»

INTERVIEW Ancien joueur du PSG, le milieu de terrain tunisien jouera mardi soir contre la France...

Propos recueillis par Romain Scotto

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Le milieu de terrain de la Tunisie, Hocine Ragued (en blanc) lors d'un match des JO d'Athènes en 2004 face à l'Australie.
Le milieu de terrain de la Tunisie, Hocine Ragued (en blanc) lors d'un match des JO d'Athènes en 2004 face à l'Australie. — AFP
Il est de loin le plus parisien des Tunisiens. Né dans la capitale, ancien joueur du PSG et du Paris-FC, Hocine Ragued joue aujourd’hui en Belgique, sous les couleurs de Mons. Le milieu de terrain de 25 ans confie à 20minutes.fr sa joie de retrouver «sa ville» et d’affronter «sa terre d’accueil»…

En tant qu’ancien joueur du PSG, né à Paris, vous n’allez pas vraiment jouer à l’extérieur mardi soir?
Non, c’est certain. Je suis originaire du XXe et toute ma famille est encore là. Comme je joue en Belgique je reviens très souvent à Paris. En tout cas dès que j’ai un peu de temps. Ce n’est pas très loin. Moi, je suis un vrai parisien et jouer au stade de France, forcément, ça fait plaisir. C’est une grande fierté de revenir avec ma sélection.

Quels souvenirs gardez-vous de vos années au PSG?

Que des bons souvenirs. J’ai été formé dans ce club et j’y ai connu toutes les équipes de jeunes. Après, sportivement, ça ne s’est pas vraiment passé comme je le voulais. Mais je n’ai pas de regrets. Je dis souvent que le PSG, c’est une bonne école de la vie. Il y en a qui réussissent. D’autres pas. C’est comme ça. Pour moi, la page est tournée, même si j’ai gardé de très bons amis de ces années, comme José Pierre-Fanfan ou Didier Domi.

Qu’est ce qui vous a manqué pour percer dans ce club?
A mon époque, on ne faisait pas autant confiance aux jeunes qu’aujourd’hui. Toute une génération de joueurs, avec Abriel, Benachour... a été un peu sacrifiée. C’est dommage. On ne nous a pas vraiment donné notre chance.

Vous suivez toujours votre ancienne équipe?
Bien sûr, mais de là à dire que je suis un supporter du PSG… Ca doit faire deux ans que je n’ai pas mis les pieds au Parc. Pas parce que je n’ai pas envie, mais parce que je joue régulièrement avec mon club le week-end.

En France, on s’est parfois demandé quel était l’intérêt de ce match amical. Pour vous, il est tout sauf anodin, non?
On est plusieurs joueurs de la sélection, avec Ben Saada ou à jouer en France, et à avoir grandit ici. Jouer contre la France, ce n’est pas un rêve, mais un très bon match à jouer. Il y a énormément de Tunisiens en France, le stade sera rempli. Ce sera fort. Cela fait longtemps que j’attends de jouer contre ma terre d’accueil.

Vous comprenez le débat qui agite l’équipe de France en ce moment?
On suit tout ça, c’est vrai. Mais on n’en parle pas plus que ça. Savoir si Domenech doit rester ou pas, ce n’est pas à nous de le dire. Nous on est juste heureux de jouer contre l’équipe de France.

Après les années Lemerre, dans quel état se trouve votre sélection?
Il y a quatre ans, on a connu une grosse période. Puis un léger creux. Dans les grandes compétitions, on est toujours présents, même si on ne passe pas les premiers tours. Maintenant, on est en phase de reconstruction. On prépare l’avenir en passant le relai à des jeunes joueurs.

Vous venez de jouer sur des terrains difficiles pendant les matchs qualificatifs de Coupe du monde. Le Stade de France, c’est le grand luxe non?
C’est certain! Les Seychelles, on croit que c’est une destination de vacances, mais ce n’est pas évident de jouer là-bas. Au Burundi, c’est pareil. Dans ces pays, ils aiment bien faire galérer les équipes visiteuses. On n’est pas accueillis dans les meilleures conditions. Sur le terrain, on prend beaucoup de coups et les pelouses sont mauvaises… Au moins, mardi soir, dans de bonnes conditions, on sait qu’on pourra jouer notre meilleur football.