Affaire Salazar : Le PDG de Nike « horrifié » et « choqué » de voir la marque associée au dopage

ATHLETISME Mark Parker a envoyé un courrier aux salariés de l'entreprise pour les rassurer sur l'éthique de la marque à la virgule

N.C. avec AFP

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Mark Parker, le PDG de Nike, lors d'une conférence de presse, le 16 mars 2016.
Mark Parker, le PDG de Nike, lors d'une conférence de presse, le 16 mars 2016. — Mike Coppola / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Mis en cause par l’agence américaine antidopage, qui a dévoilé mercredi des mails échangés avec des médecins du Nike Oregon Project mené par Alberto Salazar – suspendu quatre ans pour « incitation » au dopage –, le PDG de la marque américaine, sentant le scandale arrivé, est monté au créneau pour défendre sa réputation et celle de l’entreprise.

« Nike n’a pas pris part à une quelconque initiative destinée à doper systématiquement les athlètes », a écrit Mark Parker aux salariés du groupe. Penser le contraire est une « idée (qui) me rend malade », a ajouté le big boss, qui se dit « horrifié » et « choqué » dans ce courrier obtenu par l’AFP dans la nuit de mercredi à jeudi.

La marque à la virgule est dans la tourmente après la suspension pour quatre ans de son entraîneur maison, Alberto Salazar, pour infraction aux règlements sur le dopage, et la publication d’un rapport de l’Usada selon lequel Mark Parker a été mis en copie de courriels l’informant de l’avancée des recherches du projet (NOP).

Dans un courriel daté de 2011, Alberto Salazar explique, notamment au PDG de Nike, avoir injecté pour un test, à l’un des entraîneurs du NOP, un litre d’un mélange d’acides aminés et de dextrose (glucose), une dose nettement supérieure aux règles de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Deux ans plus tôt, dans un autre courrier électronique envoyé à Mark Parker, le Dr Jeffrey Brown, qui collabore au NOP, évoque des expériences menées avec de la testostérone sous forme de gel.

Salazar « était inquiet que les athlètes Nike soient victimes de sabotage »

Dans une réponse, le PDG écrit qu’il « serait intéressant de déterminer la quantité minimale d’hormone masculine requise pour déclencher un test positif ». Qualifiant les conclusions de l’Usada de « hautement trompeuses », Mark Parker affirme qu’Alberto Salazar « était inquiet que les athlètes Nike soient victimes de sabotage par quelqu’un qui leur appliquerait un gel de testostérone à leur insu ».

Il s’indigne : « Avoir mon nom et celui de Nike liés à ces fausses caractérisations irréfléchies (de l’Usada) est offensant ». « Le Dr. Brown et Alberto m’ont informé de leurs conclusions. Vu que ces expérimentations étaient effectuées sous la supervision d’un médecin, je n’avais aucune raison de penser qu’elles ne respectaient pas les règles », se défend encore Mark Parker.

La mise en garde de l’Usada

Interrogé mardi par la chaîne allemande ZDF, le PDG de l’Usada, Travis Tygart, a été clair : « J’espère que Nike va prendre ça comme un appel à réagir. Ils n’ont plus le droit de trouver d’excuses, ils doivent admettre que des expériences ont été réalisées sur des athlètes en leur nom et dans leur centre d’entraînement, et que c’était simplement mal ».

Mark Parker a souligné dans son courrier sur le fait qu’Alberto Salazar avait fait appel de sa suspension, et qu’il disposait du soutien de Nike, car Alberto Salazar a, selon lui, « agi de bonne foi » et n’a pas violé de règles. « Alberto essayait d’éviter que les athlètes soient dopés, ce qui est exactement l’opposé de ce que suggèrent les commentaires que vous avez pu entendre », conclut le dirigeant.