Dopage : Les athlètes de Salazar « étaient des animaux de laboratoires », rapporte l’Usada

ATHLETISME Le patron de l’agence antidopage américaine Travis Tygart a donné quelques détails sur l’enquête concernant le célèbre entraîneur

N.C. avec AFP

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Le patron de l'Agence américaine antidopage (Usada), Travis Tygart.
Le patron de l'Agence américaine antidopage (Usada), Travis Tygart. — Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Les athlètes de l'entraîneur suspendu Alberto Salazar, traités dans le cadre du projet d’entraînement de Nike, étaient « des animaux de laboratoires » qui ignoraient qu’on les dopait à leur insu, affirme le patron de l'agence antidopage américaine Travis Tygart. « Vous devez comprendre, les athlètes n’avaient aucune idée de ce qu’on leur faisait, de ce qu’on leur donnait. Ils ignoraient les dosages, si c’était autorisé ou interdit », a dit le dirigeant dans une interview diffusée mercredi par la chaîne allemande ZDF.

« Aucun athlète actuellement aux championnat du monde de Doha n’est concerné », assure toutefois le patron de l’Usada, l’agence antidopage américaine. « On les envoyait juste chez le médecin, et on leur disait qu’ils devaient l’écouter, lui faire confiance », poursuit-il, interrogé après le scandale provoqué par la suspension de Salazar, responsable du Nike Oregon Project (NOP), un programme d’entraînement soutenu par la firme sportive.

Alberto Salazar, selon lui, « n’a donné aucune chance à ses sportifs de refuser des médicaments ou des méthodes interdits que lui ou son médecin Jeffrey Brown leur prescrivait ». « Une sportive s’est même entendu dire qu’elle devait prendre des médicaments contre un myome (tumeur bénigne de l’utérus) alors qu’elle n’avait pas de myome. Ils ont menti aux sportifs et poursuivi leurs expériences scientifiques sur eux dans le NOP », accuse Travis Tygart.

« Nike n’a plus le droit de trouver d’excuses »

Interrogé sur la responsabilité de Nike, qui soutenait le projet, il a été très clair : « J’espère que Nike va prendre ça comme un "wake-up call". Ils n’ont plus le droit de trouver d’excuses, ils doivent admettre que des expériences ont été réalisées sur des athlètes en leur nom et dans leur centre d’entraînement, et que c’était simplement mauvais ».

Selon lui, 10 athlètes associés au NOP entre 2010 et 2014 se sont adressés à l’Usada pendant le cours de l’enquête : « Tous ont mis leurs données médicales à notre disposition. Nous avons découvert qu’elles étaient falsifiées, que de fausses informations avaient été ajoutées, après que nous les ayons officiellement demandées ».