Tour de France 2019: Pourquoi Cofidis ne gagne plus rien sur le Tour depuis onze ans

CYCLISME L'équipe française, qui dispute ce dimanche à Bruxelles le contre-la-montre par équipes, n'a plus gagné une victoire d'étape sur le Tour depuis 2008

Francois Launay

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L'équipe Cofidis lors de la présentation des équipes du Tour de France à Bruxelles
L'équipe Cofidis lors de la présentation des équipes du Tour de France à Bruxelles — Jeff PACHOUD / AFP
  • L’équipe nordiste vit une incroyable période de lose sur la grande boucle.
  • Depuis 2008, aucun coureur Cofidis n’a gagné la moindre étape sur le Tour de France.
  • La faute à des mauvais choix que l’équipe espère bien ne plus faire cette année.

A quelques heures près, cet article a bien failli ne pas voir le jour. Quand on a vu Stéphane Rossetto s’échapper en solitaire pendant plusieurs kilomètres ce samedi lors de la première étape du Tour, on s’est dit que Cofidis allait peut-être mettre enfin un terme à sa disette de onze ans d’affilée sans victoire sur la grande boucle. Las, le Français, qui court son premier Tour à 32 ans, s’est fait reprendre par le peloton à dix kilomètres de la fin, non sans avoir réjoui son manager.

« Stéphane Rossetto s’est fait plaisir. Il est heureux d’être là. Je crois que son comportement reflète un vrai état d’esprit actuel dans l’équipe Cofidis qui prend du plaisir à travailler ensemble. Il y a cette envie de bien faire et cette envie de gagner une étape qui est présente », se satisfait Cédric Vasseur.

La dernière victoire remonte à 2008 et à Sylvain Chavanel

Il vaudrait mieux car ça commence à faire un sacré bail que l’équipe française n’a plus levé les bras sur le Tour. La dernière fois, c’était en 2008. Nicolas Sarkozy était à la tête de l’Etat, un certain Barack Obama briguait la présidence américaine et Usain Bolt n’avait pas encore étalé son talent à la face du monde. Cette année-là, Sylvain Chavanel remportait le 25 juillet la 19e étape du Tour. Depuis, il ne s’est plus rien passé pour l’équipe française dans la course la plus regardée au monde. Alors, comment expliquer une telle disette ?

« Il y a déjà les circonstances. Par exemple, l’an passé, on échoue pour quelques millimètres au sprint lors de l’étape de Pau. Mais plus largement, Cofidis n’a pas réussi à recruter ces dernières années un coureur qui s’était déjà imposé sur les routes du Tour. On ne peut pas s’improviser vainqueur d’une étape du Tour. Chaque année, il n’y a qu’un ou deux coureurs à gagner sur le Tour sans jamais l’avoir fait par le passé. Sinon, ce sont plus ou moins toujours les mêmes qui reviennent. On a aussi beaucoup orienté l’équipe sur Nacer Bouhanni ces dernières années et ça a été une stratégie perdante », concède Vasseur.

Une équipe plus équilibrée que par le passé

Comme l’année dernière, le sprinteur, qui arrive en fin de contrat ne fait pas partie de l’équipe retenue par Cofidis sur le Tour. Plutôt que de tout miser sur un seul homme, l’équipe nordiste a décidé de répartir les rôles. Le général pour Herrada, les sprints pour Laporte et les échappées pour des coureurs comme Rossetto.

Une stratégie qui a failli payer samedi. Par contre, évitez de miser votre PEL sur l’équipe française ce dimanche pour le contre-la-montre par équipes. « Ce n’est pas notre spécialité. On ne joue pas le classement général. On remettra ça lundi », avoue le manager général. Après onze ans de lose sur le Tour, Cofidis n’est plus à un jour près.