Montpellier: Jimmy Viénot, champion du monde français proclamé roi dans le temple de la boxe thaï

MUAY THAI Déjà triple champion du monde, le Montpelliérain Jimmy Viénot a remporté, à Bangkok, l’une des deux ceintures majeures du monde de la boxe thaïe

Jerome Diesnis

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Jimmy Viénot, avec l'une de ses nombreuses ceintures.
Jimmy Viénot, avec l'une de ses nombreuses ceintures. — Jimmy Viénot
  • Déjà triple champion du monde, Jimmy Viénot a décroché la ceinture du Lumpinee, l’une des deux principales ceintures de l’univers de la boxe thaïe, à la valeur unanimement reconnues.
  • Âgé de 23 ans, le Montpelliérain s’entraîne quatre à cinq heures par jour en plus de combattre régulièrement. Mais la faible exposition de la discipline en France l’oblige à travailler à côté… et à vivre chez ses parents.

A 23 ans, le Montpelliérain Jimmy Viénot est en train de mettre tout le monde d’accord. Depuis mardi, le Montpelliérain est l’un des rares Européens à avoir remporté la ceinture de l’un des deux temples de la muay-thaï (la boxe thaïlandaise), celle du stadium Lumpinee, à Bangkok. En s’imposant dans la catégorie des -72,5 kg, face au Thaïlandais Talaytong, il signe le plus grand succès de sa carrière.

Il n’est pas toujours simple d’y voir clair dans l’univers de la boxe thaï. La multiplication des champions du monde (il en existe des dizaines) dévalorise ce sport, malgré les sacrifices qu’il réclame à haut niveau. Mais la ceinture du Lumpinee, est unanimement reconnue comme l’une des deux plus belles de la discipline, avec celle du Rajadamnern Boxing Stadium de Bangkok. « L’un des objectifs majeurs de ma carrière est atteint », savoure Jimmy Viénot.

Le 23 août 2018, le Montpelliérain avait déjà décroché sa troisième ceinture mondiale, complétant sa collection obtenue dans les trois fédérations internationales les plus reconnues : WMC, WPMF et WBC. Quadruple champion d’Europe (et élu meilleur athlète de la compétition en 2018), il est désormais, dans sa catégorie de poids, une référence de sa discipline.

Il l’a embrassée à l’âge de 13 ans. « C’est quelqu’un de bien, qui a trouvé sa voie dans la boxe thaï », explique son entraîneur Désiré Thibaut, qui l’a découvert dans le quartier Tournezy. « Ça m’a tellement apporté au niveau de la sagesse. Sans ça, je ne serai pas le même aujourd’hui », confirme le boxeur qui s’entraîne quatre à cinq heures quotidiennement au Star boxing de Saint-Jean-de-Védas.

S’entraîner cinq heures par jour et être obligé de travailler à côté

« Depuis que je le connais, il a la même envie de percer, de refuser l’échec. Ça n’a pas changé malgré les titres », reprend Désiré Thibaut. Jimmy Viénot pourra un jour, peut-être, vivre de son art, lui qui est contraint de résider encore chez ses parents. « C’est très compliqué. La boxe thaï demande énormément d’implication, de sacrifices. »

En France, tous les boxeurs doivent travailler à côté, au détriment des entraînements, de la récupération. « On manque de reconnaissance. Je n’ai pas de kiné, pas d’ostéopathe. Heureusement, j’ai la chance d’être soutenu par mes parents ». Et d’être animé par une foi inébranlable.