Le pancrace, de la tête au pied

David Phelippeau

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C'est quoi le pancrace ? Yacine Bekhada, professionnel de la discipline et licencié du club nantais United Fight Team, nous présente ce sport de combat qui regroupe plusieurs disciplines en une seule.

Définition du pancrace. C'est un sport de combat grec, permettant au temps des Jeux olympiques antiques quasiment tous les coups, même les plus mortels. Seules étaient interdites les techniques d'arrachage des yeux et de morsure… Le pancrace regroupe de nombreux sports de combat : «Il peut y avoir des percussions pieds et poings comme en boxe thaïlandaise, boxe anglaise et karaté, explique Yacine. Mais on a aussi du corps à corps comme en lutte et en judo, et enfin, un combat au sol spécialité du grappling et jiu-jitsu brésilien. C'est une fusion de tous ces sports.»

Pas de coups portés au sol. On dit souvent que le pancrace est le MMA (mixed martial arts) à la française. Pour une raison ? En France, contrairement au MMA, on n'accepte pas les coups portés lorsque les deux combattants sont au sol. A quel moment un combat se termine ? «Soit par KO, soit par abandon (soumission) de l'adversaire provoqué par les techniques de clé ou étranglement, soit par décision des juges», précise Yacine.

Une discipline en mal de reconnaissance. Le pancrace est affilié à la fédération française de sports de contacts et disciplines associées. Il n'est pas aux Jeux olympiques. Yacine est pro depuis deux ans. «On me paie pour combattre et je le fais sans aucune protection (ni casque, ni protège-tibia).» Le cachet oscille entre 150 € et 400 € alors qu'en boxe anglaise, il est de l'ordre de 1 000 € minimum. «Je ne fais pas ça pour l'argent, mais par passion», conclut Yacine.

■ Grand rendez-vous à Beaulieu, samedi

Samedi, de 13 h à 18 h, la United fight team organise une compétition de pancrace, dans la salle 500 du Palais des sports de Beaulieu. Des clubs du Grand Ouest sont attendus. «L'objectif est de faire connaître notre discipline, explique Yacine Bekhada. Mais aussi de faire éclore de nouveaux talents.» Le club nantais, organisateur de l'événement, a une idée derrière la tête. «C'est un test grandeur nature, car on recevra un combat pro l'année prochaine.»