Coupe de France: «Dans la vie, il faut respecter l’humain », Ben Arfa fait la leçon à Nasser Al-Khelaïfi et au PSG

FOOTBALL Le meneur rennais s’en est pris au président du PSG après la victoire bretonne au Stade de France

Julien Laloye

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Hatem Ben Arfa a pris sa revanche sur le PSG en finale de la Coupe de France.
Hatem Ben Arfa a pris sa revanche sur le PSG en finale de la Coupe de France. — Damien MEYER / AFP

Au stade de France,

Parlons-en tout de suite, comme ça, ce sera fait. En dehors de son tir au but transformé avec l’insolence du gaucher, le match d’Hatem Ben Arfa a été une abomination, au regard du talent qu’on lui prête. Un exemple avant de passer à autre chose, sa passe criminelle dans l’axe interceptée par un Parisien qui donnera trois secondes plus tard le but de Neymar. Mais peu importe, Hatem avait tout gardé pour la zone mixte, où il a parfois frôlé l’ésotérisme pour nous expliquer les recettes de la victoire rennaise, à base de « il y avait de bonnes énergies » « tout le monde était programmé pour accueillir un tel évènement ». 

Face-à-face savoureux avec Nasser

C’était une simple mise en bouche. Parce qu’après Hatem a déroulé comme un slalom à Angers sur cette cette scène exquise en tribune officielle, où on voit distinctement Ben Arfa dire quelques mots à Nasser Al-Khelaïfi, ce dernier lui serrant la main l’air de dire « oui oui bravo au revoir merci », comme on évacue un importun qui vient vous vendre un calendrier sur le palier.

Rappelons en deux mots le passif entre les deux hommes pour ceux qui n’auraient pas suivi. Selon la version du clan Ben Arfa, le président parisien aurait borduré le joueur quand ce dernier évoluait sous les couleurs parisiennes, parce qu’il lui aurait manqué de respect devant le proprio du club, un jour d’entraînement au Camp des Loges.

Le dribbleur fou de Clamart avait imaginé sa vengeance de longue date contre le PSG, et il ne s’est pas privé pour bombarder à la grosse bertha, avec le sourire.

« Dans la vie, comme j’ai dit par rapport au président du PSG, faut jamais sous-estimer son adversaire. Un jour il revient, il est plus fort. Comme un jour Adrien Rabiot va revenir, et il va leur faire mal. C’est comme ça la vie il faut être justes, il faut pas prendre les gens de haut, il faut respecter l’humain, et à partir de ce moment-là tout va bien. L’humain dans la vie il est au-dessus de tout. Aujourd’hui, c’est une leçon pour tout le monde de montrer qu’il faut être patient, même quand il y a une tempête, il faut résister et continuer son chemin. Aujourd’hui c’est peut-être pour ça que j’ai eu des émotions ».

Au point de décrire cette Coupe de France comme le plus beau titre d’un palmarès richement fourni. « J’ai gagné plein de titres et j’ai jamais pleuré. La j’ai pleuré parce que c'était trop fort. Quand je regardais les Jeux Olympiques, je voyais les athlètes pleurer je ne comprenais pas. Mais en fait là je comprends l’émotion elle monte là tu ne peux rien faire ». Bon, l’ancien international a gardé assez de contrôle pour évacuer les questions sur sa volonté de remettre le couvert un an de plus, alors que Rennes est désormais certain de disputer la prochaine Ligue Europa. Le garçon nous a tellement déroutés depuis dix ans qu’on se gardera de tenter un pronostic.

Une petite dernière pour la route ? Ecoutez notre Hatem d’amour quand on lui parle de "Rennemontada". "Rennemontada c’est bien ça. Ils ont l’habitude hein". C’est gratuit mais ça fait du bien.