Gilles Muller, le Grand Duc de l'US Open

TENNIS Issu des qualifications, le Luxembourgeois renaît à l'US Open où il s'apprête à défier Roger Federer en quart de final...

Alexandre Pedro

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Gilles Muller bat Nikolay Davydenko, le mardi 2 septembre à New-York lors de l'US Open.
Gilles Muller bat Nikolay Davydenko, le mardi 2 septembre à New-York lors de l'US Open. — J. Zelevansky / REUTEURS

Quand il évoque sa résurrection, Gilles Muller peine à trouver une explication cartésienne. «C'est juste un rêve qui est en train de se réaliser» se pince-t-il après sa victoire sur le numéro 5 mondial, le Russe Nikolay Davydenko. Un rêve qui vire au cauchemar pour celui qui se trouve sur sa route lors de cet US Open. Haas, Almagro puis Davydenko, tous ont plié devant le revenant. Alors quand on lui explique que son prochain adversaire s’appelle Federer, Muller fait remarquer que «Roger perd beaucoup plus de matchs que par le passé». Pour le Luxembourgeois, c’est tout l’inverse.

Avant de se hisser en quart de finale du tournoi New-yorkais, le champion du monde 2001 était porté disparu depuis presque deux saisons. De ce passé proche, Muller en garde le souvenir des fins de mois difficiles et des tournois où deux spectateurs se tiennent chaud «et dont l’un était mon entraîneur». Fatigué de cette vie de prolétaire du circuit ATP, il pense alors se réorienter vers une carrière moins concurrentielle: «J'ai alors songé à devenir professeur de tennis. Mais j'aime trop le tennis pour arrêter» raconte-t-il.

Déjà tombeur de Roddick et Nadal en 2005

Entraîneur à la fédération française, Alain Solvès connaît bien ces aléas du circuit. «Comme ça arrive à beaucoup de joueurs, Gilles a été pris par le système des points ATP, il a alors plus pensé à défendre ses points qu’à en gagner d’autres. Pendant deux ans, il avait juste oublié que son tennis était encore là».

Classé au 130e rang à l’ATP avant de débarquer à Flushing Meadows – avec passage obligé par la case des qualifications – le Luxembourgeois n’est pourtant pas un inconnu à l’US Open. En 2005, il plombe l’ambiance en se payant l’Américain Andy Roddick au premier tour. Avec son service de gaucher, Muller se taille une réputation de coupeur de tête. Deux mois plus tôt, il se payait Rafael Nadal à Wimbledon. Une victoire symbolique pour Muller qui s’est formé à «l’espagnole» - comprendre à la dure - auprès de Paco Alvarez (coach de Félix Mantilla entre autres). Le Luxembourgeois ne lifte pas pour autant. Alain Solvès le décrit comme «un gaucher qui frape très à plat du fond de court et sait conclure à la volée». Le genre de garçon à ne pas croiser par les temps qui courent, peut-on rajouter.