Tour des Flandres: Victoire surprise de l'Italien Alberto Bettiol, qui ouvre son palmarès avec un Monument

CYCLISME Il s'est détaché dans la dernière montée du Vieux Quaremont, avant d'avaler «les 14 kilomètres les plus longs de [sa] vie»

N.C. avec AFP

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A 25 ans, l'Italien Alberto Bettiol a ouvert son palmarès professionnel en remportant dimanche le Tour des Flandres.
A 25 ans, l'Italien Alberto Bettiol a ouvert son palmarès professionnel en remportant dimanche le Tour des Flandres. — Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Il y avait une palanquée de noms sur lesquels on aurait misé sur ce Tour de Flandres. C’est peu de dire qu’il n’en faisait pas partie. A 25 ans, l’Italien Alberto Bettiol a ouvert son palmarès professionnel en remportant dimanche le Tour des Flandres, l’un des « monuments » de la saison cycliste.

Dans cette 103e édition d’une classique parmi les plus dures, épargnée cette année par la pluie, la jeune génération s’est illustrée. Outre Bettiol, le Danois Kasper Asgreen (24 ans) a pris la deuxième place et sauvé l’honneur de la formation favorite, Deceuninck, dont les leaders ont été dominés.

Bettiol a construit sa victoire dans la dernière montée du Vieux Quaremont

Mathieu van der Poel (24 ans), le plus attendu et sans doute le plus prometteur de cette nouvelle vague, a fait une nouvelle fois sensation. Victime d’une chute à une soixantaine de kilomètres de l’arrivée, le champion du monde de cyclo-cross, néophyte de l’épreuve flandrienne, a réalisé une course-poursuite d’une quinzaine de kilomètres pour reprendre sa place. Dans le sprint final du premier groupe de poursuite, le petit-fils de Raymond Poulidor n’a été devancé que par le Norvégien Alexander Kristoff.

Pour la victoire, Bettiol s’est dégagé à 18 kilomètres de l’arrivée, dans la troisième et dernière montée du Vieux Quaremont. Le Toscan est sorti d’un groupe d’une vingtaine de coureurs comprenant la plupart des favoris derrière Asgreen et le Néerlandais Dylan van Baarle, longtemps en tête.

Dans sa roue, le Belge Greg Van Avermaet, champion olympique en titre, n’a pu suivre. Bettiol s’est assuré une avance d’une vingtaine de secondes qu’il a préservée ensuite dans le Paterberg, le dernier des 17 « bergs » (monts flandriens) au programme, puis dans les 10 derniers kilomètres malgré le vent de face.

« Je n’y crois pas, a réagi l’Italien, sitôt la ligne franchie. Je me sentais très bien dans le Quaremont et Andreas Klier (son directeur sportif) m’a dit "si tu peux y aller, vas-y". J’y suis allé à fond. Et à la fin, c’étaient les 14 kilomètres les plus longs de ma vie. » Quatrième de l’E3, l’une des courses de préparation du « Ronde », Bettiol n’avait encore jamais gagné au fil d’une carrière entamée en 2014.