Auron: Aux championnats de France de ski, le retour de l'enfant du pays Matthieu Bailet

SKI Le licencié de l’Interclub de Nice prendra le départ du Super G samedi

Mathilde Frénois

— 

Retour aux sources pourMatthieu Bailet.
Retour aux sources pourMatthieu Bailet. — M. Bailet

Sur l’affiche des championnats de France, la station d’Auron se distingue dans le reflet du verre d’un masque. Derrière, se cachent la découverte d’un domaine skiable et l’espoir de décrocher une médaille dans cette station des Alpes-Maritimes. Ce paysage, Matthieu Bailet le connaît déjà. Le licencié de l’ Interclub de Nice, 22 ans, reviendra sur les terres qui l’ont vu grandir, samedi lors de la descente du Super G.

L’histoire entre Auron et Matthieu Bailet débute en 1999. Le Niçois a deux ans quand ses parents le mettent sur ses premières planches. « Au départ, il n’était pas toujours partant pour venir avec nous, sourit avec le recul son père, Jean-Louis Bailet. Enfant, il faisait du karaté et il préférait cette discipline. » Entre compromis et découverte des premières sensations, Matthieu Bailet prend goût petit à petit à la glisse. « Il a retrouvé dans le ski la notion du combat, poursuit-il. La nature et les paysages en plus. »

« Un lien particulier avec le ski »

C’est que le skieur vient d’une famille de sportifs. Un père footballeur, une mère handballeuse et une sœur skieuse professionnelle (Margot) de six ans son aînée. « On a deux chemins différents, explique Matthieu Bailet. Elle a tout de suite adoré le ski, moi j’étais dans le doute. Après avoir été mon mentor familial, on a aujourd’hui une relation de soutien et d’échange. » Tous deux ont un attachement fort à Auron. D’autant plus que la station azuréenne est chargée de l’émotion d’un souvenir douloureux.

Quand Matthieu Bailet avait 9 ans, sa mère a trouvé la mort sur les skis. « A l’époque, on ne portait pas de casque. Sur un chemin, il y avait des barrières en bois. Elle a eu un impact au niveau de la tête, raconte-t-il. Ça a été un moment très compliqué. Mais aujourd’hui, je le prends comme quelque chose de fort, un lien particulier avec le ski. » Et avec Auron.

Une 22e place à la Coupe du monde

Aujourd’hui, Matthieu Bailet est fort d’une victoire en championnat du monde junior en 2016, d’un titre de champion de France en parallèle et d’une 12e place en Coupe du monde la semaine dernière. Une carrière aussi faite de coups durs physiques : en 2017, une blessure à l’épaule l’éloigne des pistes pendant de longs mois. « Ça a été ma première grosse opération. C’est difficile à gérer et à digérer, reconnait-il. J’ai perdu 6 kg, je suis reparti de zéro au niveau de l’énergie, du physique et du mental. Mais finalement ça m’a beaucoup appris. »

Comme toujours, Matthieu Bailet s’est relevé. Et il est revenu plus fort. Avant cette compétition de printemps à la maison, il pointe à la 22e place de la Coupe du monde. Le skieur niçois rajoute alors à ses objectifs de saison de l’emporter samedi. Un Super G sous les yeux de son père et de ses supporters.