Coupe du monde 2022: La Fifa appelée à prendre en compte les droits de l’homme

FOOTBALL Un Mondial à 48 nations obligerait le Qatar à faire disputer des matchs dans d'autres pays voisins du Golfe

M.C. avec AFP

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Un chantier de stade pour le Mondial 2022 au Qatar, prise à Al-Khor en janvier 2017.
Un chantier de stade pour le Mondial 2022 au Qatar, prise à Al-Khor en janvier 2017. — Feil/M.i.S/PIXATHLON/SIPA

Elargir la compétition, mais pas à n’importe quel prix. Plusieurs ONG ont exhorté mardi la Fifa à placer les droits de l’homme au cœur de toute éventuelle décision de faire disputer des matchs du Mondial 2022, élargi éventuellement à 48 équipes, dans d’autres pays du Golfe que le Qatar, dans une lettre ouverte à son président Gianni Infantino.

« Etant donné la possibilité qu’une Coupe du monde élargie en 2022 oblige potentiellement d’autres pays à accueillir (des matchs) du tournoi, nous rappelons à la Fifa son engagement à respecter les droits humains, la transparence et le développement durable » comme indiqués (par le Qatar) lors de « son processus de candidature », peut-on lire dans la lettre.

« Nous vous demandons ainsi de confirmer publiquement que toute évaluation de co-hôtes potentiels pour 2022 suivrait un processus qui inclut ces critères », ajoutent dans leur lettre huit ONG, dont Amnesty International et Human Right Watch. « Ajouter de nouveaux pays hôtes pourrait créer des risques liés aux droits de l’homme, en particulier l’exploitation généralisée des travailleurs migrants qui travaillent dans la construction », a déclaré un responsable d’Amnesty International.

« Il n’y a pas de mal à essayer d’étudier la question »

La lettre a été envoyée juste avant la réunion du Conseil de la Fifa à Miami, jeudi et vendredi en Floride, où l’extension du nombre de participants de 32 à 48 équipes dès le Mondial-2022 figure à l’agenda.

Une Coupe du monde à 48 nations obligerait, en effet, le Qatar à faire disputer des matchs dans d’autres pays voisins du Golfe, une région instable sur le plan géopolitique. L’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar en juin 2017 en l’accusant de ne pas prendre assez de distance avec l’Iran, puissance régionale chiite rivale de Riyad, et de soutenir des groupes islamistes radicaux, dont les Frères musulmans. Le Qatar nie toutes ces accusations.

« On va voir si c’est possible. Si c’est faisable, on aura un Mondial fantastique à 48 au Qatar et dans certains pays limitrophes. Sinon, très bien, on fera un Mondial fantastique à 32 au Qatar. Il n’y a pas de mal à essayer d’étudier la question », avait déclaré Infantino le 27 février dernier. Depuis sa désignation comme l’hôte du Mondial-2022, le Qatar est sous pression en matière de droits humains, et en particulier concernant les conditions de vie des travailleurs migrants venus d’Asie pour construire des stades et des infrastructures.