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Shi Dongpeng, sorti de l'ombre de Liu Xiang
JO2008•Shi Dongpeng, un autre hurdler chinois qui court en demi-finales jeudi soir, profite d’un regain de notoriété depuis l'abandon de Liu Xiang...A Pékin, Caroline Dijkhuis
Envoyée spéciale à Pékin
Mercredi soir, Shi Dongpeng a reçu un coup de fil très spécial. «Avant ma course, Liu Xiang m’a appelé pour m’encourager, raconte le hurdler de l’équipe nationale chinoise, parmi les seize partants des demi-finales jeudi. Ca m’a beaucoup touché.» Comme si le héros déchu continuait la course par procuration. Comme s’il libérait officiellement celui qui est resté éternellement dans son ombre depuis 2004.
Car Shi Dongpeng n’a pas attendu Liu Xiang pour briller au 110m haies: en 2002, il décroche les championnats nationaux d’athlétisme. Mais la surprise d’Athènes de Liu Xiang a fait se focaliser une nation sur un homme, ce qu’elle a amèrement regretté lundi après son abandon. Et maintenant, le public reporte doucement ses espoirs sur Shi.
Depuis 2004, Shi Dongpeng arrive toujours juste derrière le hurdler favori. Cela n’a jamais entamé leur amitié, mais battre le n°1 chinois était même devenu son principal objectif, il ne s’en cachait pas. «Tous les jours, je rêve de dépasser Liu Xiang», avait-il confié il y a quelques mois.
«Je ne m’inquiète pas, un jour il me dépassera, avait répondu Liu en évoquant son éternel second. Mais seulement si je commets une erreur, car il est impossible pour lui de courir plus vite que moi.» Aujourd’hui, le jour semble arrivé.
Ca ne réjouit pas tellement pour autant Shi Dongpeng, qui voulait devenir peintre et est arrivé à l’athlétisme par hasard: devant son air maigrichon, sa mère l’avait confié à une école sportive alors qu’il n’avait que dix ans pour qu’il se fasse les muscles. Il a finalement rapidement entamé une carrière d’athlète.
«J’ai énormément de pression depuis que Liu Xiang a abandonné!»
Le jeune homme de 24 ans –benjamin de Liu Xiang d’un an- est, comme son aîné, un de ces garçons chinois typique: sur son blog
, les derniers commentaires concernent l’Euro 2008, il raconte qu’il écrit des poèmes à sa copine et qu’il a perdu de l’argent en bourse, spéculer étant l’un des passe-temps favoris ici.
«J’ai énormément de pression depuis que Liu Xiang a abandonné!, a-t-il aussi lâché mercredi soir, la larme à l’œil dès qu’il évoque son coéquipier. Je ne suis pas habitué à ce que tous les spectateurs scandent mon nom.»
S’il commence à hériter des «symptômes Liu», il n’est pas pour autant certain que les sponsors s’intéressent plus à lui. Les marques qui ont acheté l’image de Liu Xiang montrent déjà depuis deux jours qu’elles continuent à soutenir le hurdler blessé; et puis pour l’instant, si Shi pense qu’il peut se qualifier jeudi pour l’une des huit places de finales, il est loin de monter sur le podium.
Or «le public chinois est focalisé sur l’or, remarque Marcus John, directeur Asie de IMG, un consultant de marketing sportif. Même si pour les marques, il est plus intéressant d’avoir plus de choix, de ne pas parier sur un seul homme, il faudra plus qu’une place en demi-finale pour se faire proposer des contrats.»
En revanche, comme Liu Xiang, il a un prénom de bonne augure pour un hurdler: « Xiang » signifie “volant”. «Dongpeng», «Oiseau d’hiver». Il doit espérer que cela lui porte chance en plein mois d’août.



















