Patrice Mourier: «Dès la première seconde, j'ai vu que Steeve allait gagner»
JO2008•Interview de Patrice Mourier, directeur des équipes de France de lutte Gréco-romaine après la médaille d’or de Steeve Guénot...Il est minuit au club France quand les frères Guénot arrivent pour fêter leurs médailles avec la famille olympique française. Un homme est particulièrement ému. Patrice Mourier, directeur des équipes de France de lutte Gréco-romaine.
Cela vous fait quoi d’avoir participé à un tel succès?
C’est un moment extraordinaire! Je ne vais pas dire unique, car j’espère qu’on fera mieux les prochains Jeux, et même jeudi, où il y a deux athlètes qui luttent. J’espère que demain soir, ça sera la même fête.
Personne n’attendait la lutte à ce niveau-là. Certes, Steeve avait un potentiel, mais de là à jouer l’or… Vous étiez le seul à y croire?
Après sa deuxième place aux Championnats du monde… Vous savez, quand à 21, on est deuxième aux Championnats du monde, inévitablement, on peut gagner les Jeux derrière. Moi, et le reste de l’encadrement, on y a toujours cru. Le discours qu’on a tenu aux athlètes était simple: «Vous venez ici pas simplement pour participer, vous venez pour faire une médaille. Et pas une médaille d’argent ou de bronze, mais une médaille d’or!» On est parti dans cette optique-là. Steeve, ça a marché, Christophe, c’est pas passé trop loin, et jeudi, il y en a deux autres…
Vous lui avez dit quoi à Steeve avant sa finale?
Je lui ai dit qu’il n’était pas venu ici pour faire une médaille d’argent, que ça servait à rien cette médaille d’argent. Qu’il fallait qu’il gagne l’or, sinon tout le boulot qu’il avait fait, tous les matchs qu’il avait gagné, c’était pour rien.
On le sentait très concentré et très détendu en même temps…
Il était très concentré, il avait envie de gagner. Dès la première seconde, j’ai vu qu’il allait gagner. Il est rentré dans le match très agressif, alors que souvent il manque un peu d’agressivité. Là, j’ai senti qu’il ne voulait pas perdre.
Et cela vous fait plaisir pour la lutte? On ne parle pas beaucoup de vous…
Ça fait toujours plaisir quand on parle de son sport, de sa passion. On parle de nous tous les quatre ans. Là, on va bien en parler!



















