Escrime: Fabrice Jeannet laisse passer une occasion en or

JO2008 Tout de même médaille d'argent à l'épée...

Pierre Koetschet, à Pékin

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 Fabrice Jeannet of France (R) and Matteo Tagliariol of Italy greet each other after their men's individual epee fencing final at the Beijing 2008 Olympic Games, August 10, 2008. REUTERS/Laszlo Balogh (CHINA)
 Fabrice Jeannet of France (R) and Matteo Tagliariol of Italy greet each other after their men's individual epee fencing final at the Beijing 2008 Olympic Games, August 10, 2008. REUTERS/Laszlo Balogh (CHINA) — REUTERS/Laszlo Balogh
Envoyé spécial à Pékin

Le masque et la lèvre tremblante. Alors que Matteo Tagliariol célèbre sa médaille d’or, Fabrice Jeannet reste prostré, accroupi dans la pénombre du bord de piste. Il vient de décrocher la médaille d’argent de la compétition masculine, mais cela ne suffit visiblement pas.

«Je laisse passer une occasion en or», se désole l’escrimeur peu après, trop touché pour sourire au jeu de mot involontaire. La faute à un match «pas assez maîtrisé». Rapidement dépassé par l’Italien, mené 7-2, Jeannet peine à redresser la barre.

«Combat de rue»

«Il a été plus incisif», explique le Français. Justement ce qui avait été sa marque de fabrique tout au long de la journée. Comme dans le «combat de rue» du premier match, où Jeannet s’en sort sur la dernière touche. Comme dans la «récupération active» face au Canadien Igor Tikhomirov.

Fabrice Jeannet n’était pas loin de réaliser la compétition parfaite. «Aujourd’hui, je ne tire pas bien, mais je tire juste», expliquait-il avant la demi-finale. «Je n’ai pas vraiment les sensations aujourd’hui, mais bon, je joue la gagne. Comme ça marche, je continue.» Jusqu’en finale, ce qui est déjà pas mal. Mais à voir Fabrice Jeannet, le visage fermé sur le podium, écoutant «Fratelli d’Italia», cela ne suffisait sûrement pas.

En annonçant sa retraite après ces JO, il rêvait sans doute d'une autre fin, en apothéose. Cela a presque marché. «Je me rends bien compte que c’est une médaille d’argent, mais ça reste quand même une défaite sur le dernier match en individuel de ma carrière, et c’est dur à avaler. C’est sûr que j’aurais pu perdre plus tôt et repartir les mains vides.»

Seul son frère Jérôme, éliminé en 8e, a finalement réussi à lui arracher un sourire: «Tu sais au fond de toi ce que cela signifie…» Une belle perf', quand même!

 

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