Riner, à pas de géant
JUDO•A 19 ans, il ne manque qu'un seul titre à son palmarès...Romain Scotto
Dans la délégation française, il est de loin l’un des sportifs les plus gloutons. Pas seulement pour sa capacité à s’enfiler une dizaine de donuts entre deux repas, mais pour la boulimie avec laquelle il amasse les titres depuis deux ans. Champion d’Europe et du monde en 2007, champion de France en 2008. Une telle moisson ferait rêver n’importe quel judoka en fin de carrière. Celle de Teddy Riner vient à peine de commencer.
S’il décrochait l’or à Pékin, le colosse de l’équipe de France marquerait définitivement l’histoire du judo. A tout juste dix-neuf ans, le plus jeune champion du monde des lourds serait aussi le plus jeune à réaliser ce quadruplé. Au même âge, le nom de David Douillet n’avait pas encore franchi les frontières du pays. «Il peut aller beaucoup plus loin que moi, s’incline son prestigieux aîné. Teddy a toutes les qualités pour devenir champion olympique. Il est le favori de la catégorie. C’est un vrai compétiteur, sûr de lui.»
Un physique hors norme
Le pensionnaire du Lagardère Racing judo a déboulé si rapidement sur les tatamis internationaux qu’il n’a jamais eu le temps de gamberger. Dix mois après son sacre mondial, Riner ne mesure toujours pas la portée de son exploit. Il avait pourtant balayé Inoue, Rybak et Tmenov, trois des ténors de sa catégorie. Avant d’aborder le tournoi olympique, le Réunionnais présente l’avantage d’avoir battu au moins une fois tous ses principaux rivaux.
Le pensionnaire du Lagardère Racing judo a déboulé si rapidement sur les tatamis internationaux qu’il n’a jamais eu le temps de gamberger. Dix mois après son sacre mondial, Riner ne mesure toujours pas la portée de son exploit. Il avait pourtant balayé Inoue, Rybak et Tmenov, trois des ténors de sa catégorie. Avant d’aborder le tournoi olympique, le Réunionnais présente l’avantage d’avoir battu au moins une fois tous ses principaux rivaux.
Pour en arriver là, Teddy Riner a toujours fait valoir un physique hors norme: 2,05 mètres sous la toise, 129 kilos à la pesée. Contrairement à la plupart de ses adversaires, il possède une musculature parfaitement homogène et son taux de masse graisseuse est l’un des plus faibles de sa catégorie. Techniquement, le jeune judoka est adepte d’un judo à la japonaise, très épuré, basé sur des mouvements de jambes (O-soto-gari, Ko-uchi-gari).
Intouchable?
Aura-t-il encore progressé d’ici les Jeux? Tout porte à le croire. Lors des championnats d’Europe, en avril dernier, Riner n’avait pas défendu son titre, pour ne pas se dévoiler. «Il met en place de nouvelles choses que nous voulons préserver pour les Jeux», affirme Jean-Luc Rougé, le président de la fédération. S’il se montre plus rigoureux à la prise de garde (kumikata), qu’il s’approprie une technique de hanche (uchi-mata ou haraï-goshi) et qu’il parvient à conclure ses combats au sol (ne-wasa), Riner sera tout simplement intouchable. Et dire qu’il est encore junior…



















