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Stefan Schumacher, vainqueur controversé

Stefan Schumacher, vainqueur controversé

TOUR DE FRANCEMercredi, la presse salue avec une grande prudence la performance du nouveau maillot jaune...
Romain Scotto

Romain Scotto

Il y a deux façons de présenter la victoire de Stefan Schumacher. S’incliner devant la supériorité supposée du coureur de la Gerolsteiner en vantant ses qualités de puncheur, et maintenant de rouleur dans le contre-la-montre de Cholet. Ou bien remonter à la surface le lourd passé du nouveau maillot jaune du Tour de France.


Mercredi, la presse française et étrangère a n’a pas eu à choisir. Comme pour se prémunir d’une nouvelle affaire Rasmussen, l’ensemble des médias a exhumé le pan le plus terne de la carrière de Schumacher. Le coureur a pris mercredi le départ de la 5e étape «en jaune pâle», écrit Philippe Brunel dans «L’Equipe». Avant de s’étaler sur ses précédents contrôles positifs, il évoque «une performance accueillie – pourquoi le nier – avec pas mal de scepticisme».

«Sulfureux triomphateur»


Libération regrette le sacre d’un coureur «qui marche aux amphés» dans un article au titre évocateur: «Le carburateur Schumacher». Le «Johnny Cash» du cyclisme, «qui prend des bonbons acidulés», a en effet été arrêté par la police pour «conduite en état d’ivresse chimique» il y a quelques années, après avoir détruit sa voiture à la sortie d’une discothèque.


«Le Figaro» éclipse quant à lui la performance du vainqueur du contre-la-montre en titrant sur Cadel Evans. David Peyrat décrit néanmoins «une performance qui suscite plus de gêne que d’admiration», avant de revenir à son tour sur «la batterie de casseroles» que traîne «ce sulfureux triomphateur».


La presse allemande s’inquiète


Même dans son pays d’origine, le coureur allemand n’est pas présenté comme un vainqueur propre. «Bild» revient longuement sur son passé pharmaceutique et semble déjà redouter son éventuel triomphe à Paris… En Espagne, «El Pais» relaie les propos du médecin de la Caisse d’Epargne: «Ce n’était pas un chrono propice à un un tel écart. Il a roulé comme une fusée.»


Quant à la presse sportive italienne, qui traite généralement le Tour d’un œil très distant, elle reste beaucoup plus mesurée, à l’exception de la Gazetta. Le quotidien sportif évoque «trois dérapages avant d’être sacré roi». Un clin d’œil aux tifosi de la Scuderia Ferrari qui devaient être les seuls à apprécier l’épreuve de vitesse de l’autre Schumi.