Coupe de la Ligue: Le «fail» puis la rédemption pour Thuram, Tuchel furax... PSG-Guingamp, une histoire de penaltys

FOOTBALL Trois penaltys ont été sifflés en faveur de Guingamp en seulement une demi-heure…

William Pereira

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Le penalty vainqueur de Thuram
Le penalty vainqueur de Thuram — Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Au Parc des Princes,

« Trois tirs au but quand même… Et le pire, c’est que les trois y sont. C’est incroyable. » Dans l’ascenseur pour descendre vers la zone mixte, on n’en revient toujours pas. Le Paris Saint-Germain vient de se faire éliminer de la Coupe de la Ligue à domicile par le dernier de Ligue 1 en ayant concédé plus de penaltys que d’occasions franches dans le jeu. « Trois penaltys… Je n’ai jamais vécu ça », confie, l’air sonné, Thomas Tuchel au micro de France TV.

Sur ce point précis il y a unanimité, puisque Jocelyn Gourvennec dira peu ou prou la même chose en conférence de presse. Sur la justice de ces trois fautes signalées par Bastien en seconde période, il y a en revanche débat. Le technicien guingampais défend qu’il « y avait objectivement faute sur les trois penaltys » quand Thomas Tuchel émet des doutes sur l’action du deuxième, celui de l’égalisation.

La VAR n’est intervenue que sur le deuxième penalty

Rappel du contexte : Le PSG mène 1-0 à l’approche de la 80e, Coco déborde sur le côté droit de la surface parisienne et Juan Bernat vient lui disputer le ballon, a priori à l’épaule. L’arbitre estime que l’Espagnol a un peu laissé traîner la jambe, provoquant la chute du Guingampais​. C’est flou, à tel point que les arbitres VAR invitent Bastien à visionner les images de l’action. Pendant le moment de flottement, le tribunal 20 Minutes rend son verdict par messages Whatsapp interposés : la VAR va annuler le penalty. Sauf que non.

Tuchel : « j’étais en colère sur le deuxième. Je peux revoir la VAR 100 fois, il n’y a pas de penalty. Ce n’est pas une décision sévère, il n’y a rien, absolument rien, c’est un contact. Ils sont trois fois dans notre surface et ils ont trois penaltys. » Parlons-en, d’ailleurs, de ces deux autres pénos frappés par Marcus Thuram – qui a parlé plus de langues en zone mixte qu’il n’a frappé au but mercredi. Le premier, réponse symétrique au « fail » de Nabil Fekir sur le même exercice (le Lyonnais a frappé trop haut à gauche, le Guingampais trop haut à droite) a tout du raté de la lose puisqu’il précède de deux minutes l’ouverture du score de Neymar que l’on croit fatale aux visiteurs. Thuram raconte :

« On dirait que j’ai vieilli pendant le match je vous jure. C’était très compliqué après le penalty j’ai eu cinq minutes de passage à vide, mais le coach m’a reboosté très rapidement. »

La rédemption de Thuram

Provoquer l’hilarité en balançant de la sorte un penalty et replonger dans le bain sans trembler force le respect. Là où 99 % d’entre nous aurions cherché à creuser un trou pour s’y cacher et n’en plus sortir, Thuram assume en continuant ses remontées de balle comme dans les arrêts de jeu, où, porté « par l’adrénaline », il cavale à grandes enjambées vers la surface pour gratter une dernière faute dans la surface parisienne. « Moi quand il faut que je coure vers l’avant ça va c’est surtout quand il faut courir vers les défenseurs que c’est plus dur », se marre-t-il. Le plus dur est fait et reste à décider qui du buteur (Yeni Ngbakoto) ou du gaffeur se chargera de la balle de match. Thuram, encore :

« Yeni m’a dit qu’il fallait que je le tire, parce que c’est moi le tireur, et que toute l’équipe avait confiance en moi. Donc c’est ce que j’ai fait. Le deuxième, j’ai pas voulu le tirer justement parce qu’il y avait Yeni, et Yeni je sais qu’il tire très bien les penaltys. Mais le dernier je pense que c’était à moi de le tirer. »

La belle histoire, donc. Encore a-t-il fallu que la chance prête main-forte au fils de Lilian : son tir écrasé croisera la route du gant d’Alphonse Areola, mais pas suffisamment pour empêcher le ballon de finir au fond des filets. D’habitude excellent dans le domaine, Thuram sait qu’il a failli. « Je sais pas ce qui s’est passé, on va revoir ce qui s’est passé sur les images. Je vais me remettre à les tirer un peu, à refaire mes gammes. […] On aurait pu avoir trois pénos et trois marqués. » C’eut été encore plus fou.