«Le PSG doit se dire qu'il a raté quelque chose»... Le départ de Rabiot, dernier épisode d'un échec annoncé

FOOTBALL Clap de fin pour Adrien Rabiot au Paris Saint-Germain…

William Pereira

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Adrien Rabiot serait exclu jusqu'à nouvel ordre du groupe du PSG.
Adrien Rabiot serait exclu jusqu'à nouvel ordre du groupe du PSG. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA
  • Adrien Rabiot devrait quitter le Paris Saint-Germain selon plusieurs sources.
  • Thomas Tuchel n’exclut pas la possibilité que le milieu parisien ne termine pas la saison.

« Je suis heureux, soulagé et fier de prolonger au PSG. C’est mon club de cœur. » Ces mots datant de 2014, Adrien Rabiot ne les répétera probablement pas avant la fin de son contrat en juin 2019. Les nombreux échos de sources diverses laissent entendre que le champion de France à perdu tout espoir de ramener son jeune milieu de terrain à la raison à l’approche d’un Nouvel An synonyme d’ouvertures des négociations avec le monde extérieur en vue d’un transfert gratuit à l’été prochain, et plus précisément avec l’Espagne. Le Parisien annonce en effet mardi que le futur de Rabiot s’écrira au FC Barcelone, avec qui il aurait déjà trouvé un accord.

La rumeur vient couronner la déclaration courroucée d’Antero Henrique à Yahoo Sports la veille, après une réunion infructueuse entre les dirigeants parisiens, Thomas Tuchel et Adrien Rabiot à laquelle étaient absents Nasser Al-Khelaïfi et la mère-représentante du milieu. « Le joueur m’a informé qu’il ne signerait pas de contrat et qu’il souhaitait quitter le club en étant libre à la fin de la saison, soit à l’expiration de son contrat », avec une conséquence pure et simple : la mise au ban (c) du duc de Saint-Maurice « pour une durée indéterminée. » Même Thomas Tuchel, qui d’après les bruits de couloirs a quitté prématurément la fameuse réunion dont il n’a guère apprécié la tournure, ne cherche pas à se cacher : « je ne peux pas assurer qu’Adri finira la saison avec nous. »

« Ce que doit se dire le PSG, c’est qu’il a raté quelque chose »

Qu’il débarque au Camp Nou en janvier ou en juillet, Adrien Rabiot restera comme un des plus grands échecs du projet de Nasser Al-Khelaïfi à la tête du Paris Saint-Germain. Le président du club voyait en lui le futur capitaine naturel de l’équipe de par son statut d’homme formé à la maison, et donc un genre de Xavi ou Totti local. On peut se contenter de reprendre les poncifs du football, dire que l’amour du maillot est mort et que les jeunes d’aujourd’hui sont ingrats. Ou réfléchir au pourquoi du comment. « Pour que le jeune joueur soit reconnaissant envers son club formateur, il faut que le joueur soit reconnu, c’est valable dans les deux sens », nous expose Patrick Rampillon, qui, dans sa qualité d’ex-directeur de la formation du Stade Rennais, a vu des jeunes arriver et ne pas rester. « Aujourd’hui ce que doit se dire le PSG, c’est qu’ils ont raté quelque chose avec Rabiot. Dans quel domaine ? Ce n’est pas à moi de le dire. »

Le salaire, peut-être. Sûrement. La dernière revalorisation du joueur de 23 ans date de 2014. Depuis, son salaire est resté « bloqué » à 250.000 euros bruts mensuels (il y a pire comme vie) en dépit de la progression évidente – bien qu’insuffisante – par rapport au joueur qu’il était à 19 ans. Dans le même temps, Verratti a été augmenté à plusieurs reprises et Thilo Kehrer a posé ses valises au Parc avec 250.000 balles… net. Rampillon soutient que sans la quête de reconnaissance du joueur, « il faut avoir une réelle cohérence de fonctionnement. L’exigence et la cohérence. » Paris a peut-être manqué de lisibilité aux yeux du clan Rabiot dans sa gestion économique. « Aujourd’hui pour tous les jeunes dans les clubs, il y a des grilles de salaire dans le club et il faut ne pas avoir à aller au clash », embraye l’ancien formateur.

Tuchel, de dernier espoir à ultime caprice « rabiotesque »

Pour se poser en martyr, encore faut-il en avoir la légitimité. Ecarté de l’équipe de France par Didier Deschamps – qui a récemment répété qu’il n’avait rien montré avec les Bleus -, Rabiot s’est ensuite tiré une balle dans le pied en lui adressant une lettre ouverte.

Avec Thomas Tuchel, ce n’est pas mieux. Alors que l’Allemand était vu comme un rayon de soleil dans la perspective d’une prolongation, le duc lui a tourné le dos après l’épisode du retard contre l’OM. Et une dernière proposition de revalorisation de son salaire à hauteur de celui deThiago Silva (selon L’Equipe) n’aura donc pas suffi à mettre un terme à son caprice. Entre ça et les retards d’Ousmane Dembélé, les dirigeants du Barça risquent de faire quelques heures supps'. On leur souhaite bon courage.