Etoile Rouge-PSG: Et si les Parisiens s’étaient enfin acheté un mental de guerriers?

FOOTBALL Dos au mur dans son groupe avant Liverpool, Paris a pour une fois parfaitement géré la pression en Ligue des champions…

Julien Laloye

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Thiago Silva a régné en maître à Belgrade.
Thiago Silva a régné en maître à Belgrade. — Andrej ISAKOVIC / AFP
  • Les Parisiens ont fait preuve de caractère à Belgrade malgré la ferveur du Marakana.
  • Les joueurs de Tuchel semblent avoir passés un cap mentalement après être sortis du groupe de la mort.

De notre envoyé spécial à Belgrade,

Un aveu qui fait tout drôle quand on connaît la bête. Signé Vladan Milojevic, le coach de l’Etoile Rouge: « Nous aurions du être plus courageux en première mi-temps, nous avons trop facilement perdu des ballons. Nous sommes revenus en deuxième période, avons fait preuve de courage, mais le troisième but a rendu la tâche impossible. » On craignait le pire pour les Parisiens dans un stade hostile et une ambiance délirante qui leur ont si souvent fait perdre leurs moyens à l’extérieur ? L’entraîneur adverse vient déposer son bouclier aux pieds de l’empereur Tuchel. Ce sont les Serbes qui ont manqué de courage, et pas l’inverse.

Le courage était du côté parisien

Pouvait-on faire plus beau compliment au PSG ? Pas sûr. En mettre quatre à l’Etoile Rouge n’est pas un exploit en soi quand on a 800 milliards de budget, que le meilleur joueur en face s’appelle Marko Marin et qu’il a une dégaine d’adolescent chétif en recherche de vocation. Mais s’imposer en patron un soir où tout pouvait encore partir en cacahuètes dans des proportions aussi gênantes qu’à Barcelone ou que face à Madrid au Parc, ça nous change des babtous fragiles de ces dernières saisons.

Du haut de l’immortalité de ses 20 ans, Mbappé n’avait pas l’air de trouver le résultat particulièrement glorieux, ni digne d’éloges. «C’est vrai que c’était une super ambiance, un superbe stade, mais comme je l’ai dit, on est formatés pour jouer dans des stades comme ça, il n’y a pas eu d’appréhension particulière, c’est notre quotidien. » Une journée de bureau comme une autre pour Kylian, soit. Mais pour d’autres, c’était un peu plus que ça.

L’exemple Thiago Silva

Prenez Thiago Silva, si souvent moqué pour ses disparitions à la David Copperfield les soirs de grand match. Attention, c’est pas juste un truc de journaliste. Zlatan lui avait un jour balancé en anglais un truc du style « Big games, you are note here », et Emery se mord encore les parties génitales de l’avoir titularisé il y a deux ans au Nou Camp, quand Thiago avait plombé tout le monde en défendant à cinq mètres du but de Trapp (petit ange parti trop tôt). Eh bien le Brésilien s’est découvert une assurance qu’on ne lui connaissait pas, à la fois contre Liverpool, mais aussi à Belgrade, où il a éteint la grande gigue de Platkov en le piétinant au duel. Double claques aux haters et nouvelle masterclass en zone mixte, alors qu’on s’apprêtait à plier bagage.

« Je crois que mentalement, depuis Naples, j’ai beaucoup changé. Le nul, à Naples, c’était de ma faute. Pour le match de Liverpool, j’ai beaucoup poussé les joueurs parce que j’ai senti qu’ils en avaient besoin. Si on avait concédé le nul contre Liverpool, on était quasiment éliminés. Mais on a réussi à gagner face à une équipe qui a encore les moyens d’être finaliste cette saison. On l’a battue. Aujourd’hui, c’était un peu plus facile mais quand Belgrade a marqué, on est restés calmes, patients. »

Une métamorphose durable ?

Pour être honnête, l’idée d’un crash nous a brièvement traversé l’esprit quand Gobeljic a ramené l’Etoile Rouge à 2-1, au cœur d’une grosse poussée d’adrénaline des Serbes. Le Marakana était chaud bouillant, Marin dirigeait la flotte avec aplomb, et Neymar ne voyait plus le ballon. Mais ça a duré trois minutes trente avant que le PSG ne siffle la fin de la récréation. « Les supporters ont poussé, mais on a réussi à prendre le temps pour laisser leur enthousiasme passer, explique Marquinhos C’était important de finir le boulot commencé avec Liverpool. On avait deux finales à jouer, on les a pris comme il fallait. »

Tactiquement évidemment, et c’est bien le moins quand on aligne une équipe pareille, mais surtout émotionnellement. Un vrai changement dans l’atmosphère, puisqu’en C1, si on enlève l’exploit de Stanford Bridge, le PSG n’a jamais réussi à trouver le juste milieu entre mettre des trempes aux faibles et se faire rouler dessus mentalement contre les forts. Et si c’était en train de changer ?