TFC–Dijon: A la mi-temps, Alain Casanova et Olivier Sadran ont traité leurs joueurs de «gros cons»

FOOTBALL Les vestiaires toulousains ont tremblé à la mi-temps du match contre Dijon, ce dimanche. L’entraîneur Alain Casanova et le président Olivier Sadran sont intervenus pour remotiver les joueurs, qui ont réussi à obtenir le nul, à dix contre onze (2-2)...

Nicolas Stival
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Alain Casanova, l'entraîneur du TFC, lors du match de Ligue 1 contre Dijon au Stadium de Toulouse, le 2 décembre 2018.
Alain Casanova, l'entraîneur du TFC, lors du match de Ligue 1 contre Dijon au Stadium de Toulouse, le 2 décembre 2018. — P. Pavani / AFP
  • L’entraîneur et le président du TFC ont poussé un énorme coup de gueule contre les joueurs, à la mi-temps du match contre Dijon.
  • Les Toulousains sont revenus, mais ils enchaînent un onzième match d’affilée sans victoire en Ligue 1.

D’ordinaire, le verbe d’Alain Casanova est policé. Mais l’entraîneur du TFC s’est lâché ce dimanche, pendant et après le nul renversant contre Dijon, autre mal classé en Ligue 1 (2-2). En conférence de presse, le technicien a glissé quelques bribes de sa causerie musclée à la pause.

Les Violets, hors du coup, étaient alors menés 0-1 depuis un but de Nayef Aguerd (24e), encaissé à dix contre onze après l’expulsion logique du gardien Baptiste Reynet, dès la cinquième minute.

« J’ai dit aux joueurs que c’était des cons, des gros cons, et le président [Olivier Sadran] aussi, a avoué Casanova. Je leur ai dit que c’était indigne de leur potentiel, de ce qu’ils sont capables de faire. » Décidément désinhibé, le coach franco-espagnol de 57 ans a poursuivi dans la même veine :

« En première mi-temps, on s’est mis dans la merde tout seul. Eux [les joueurs], l’entraîneur et le staff, on est des gros cons sur cette première période ».

On a bien compris l’idée. Et les joueurs aussi, même s’ils ont attendu d’être menés 0-2 (but de Mehdi Abeid, 69e) pour réagir, en cinq minutes. D’abord sur une merveille de ciseau retourné de Max-Alain Gradel (72e), puis sur une jolie frappe sans contrôle du remplaçant Aaron Leya Iseka (77e), servi par Gradel. Et à la fin de la rencontre, c’est le vestiaire dijonnais qui a tremblé, ébranlé par le coup de gueule de l’entraîneur Olivier Dall’Oglio.

Gradel : « Ils ont utilisé les mots qu’il fallait »

« Vu la première mi-temps qu’on fait, on est assez intelligents pour comprendre qu’on était vraiment à côté, assure l'ailier gauche et capitaine ivoirien du TFC, transparent avant son exploit, puis transfiguré dans les 20 dernières minutes. Ils [Casanova et Sadran] ont utilisé les mots qu’il fallait pour nous permettre de revenir dans ce match-là. Le plus important, c’est que le groupe les a très bien reçus et on a montré un bien meilleur visage en deuxième période. »

« Le coach a poussé une gueulante, ça fait partie d’une saison, ajoute, pas davantage outré, l’ailier droit Matthieu Dossevi, passeur décisif sur l’exploit de Gradel. Il fallait se remettre la tête à l’endroit. Il faut qu’on en fasse plus, qu’on ne se contente pas de réagir et de faire 15 ou 20 bonnes minutes. »

Car cette remontée fantastique ne doit pas faire oublier que le TFC, 15e de L1, vient d’enchaîner un onzième match sans succès, et même un douzième si l’on compte la Coupe de la Ligue. « Face à une équipe comme Dijon, on doit être capable de faire beaucoup mieux », juge Casanova.

Des remplaçants à la hauteur

Le technicien s’est toutefois montré satisfait de la rentrée de ses trois remplaçants : le gardien Mauro Goicoechea, lancé précocement à la place du jeune milieu Kalidou Sidibé « sacrifié » après l’expulsion de Reynet, et les offensifs Aaron Leya Iseka et Jimmy Durmaz.

Le portier uruguayen enchaînera mercredi à Reims, en raison de la suspension automatique de l’ancien portier de Dijon, et peut-être samedi au Stadium face à Lyon, selon la décision de la commission de discipline. D’ici là, Alain Casanova aura peut-être préparé d’autres mots doux, au cas où.