Ballack s'en balance
EURO2008- Jogi Löw suspendu, Torsten Frings aligné avec une côte cassée, Miroslav Klose muet, l'Allemagne compte sur Michael Ballack...Antoine Maes (à Vienne)
Sans un Michael Ballack au sommet, l’Allemagne pourra difficilement se sortir du piège portugais. L’ancien jouer de Leverkusen est pourtant critiqué pour ses performances plutôt neutres.
Une entame moyenne
En Allemagne, quand on s’appelle Michael Ballack (31 ans), être moyen ne suffit pas. Le milieu de terrain allemand a en effet traversé les trois premiers matches de son équipe dans une relative discrétion. Après une fin de saison canon avec Chelsea, il n’est apparu en pleine lumière qu’à une seule reprise: en envoyant une patate en plein dans la lucarne de l’Autrichien Macho. Un but décisif qui a donné la victoire à la Mannschaft.
Evidemment, il est encensé, alors qu’il avait été enterré après la défaite face à la Croatie. Tout ça, Michael s’en balance un peu: «Ça ne me bloque pas du tout. C'est tout à fait normal qu'il y ait autant de pression sur moi, et les critiques après la défaite font partie du jeu». Classe.
Un statut intact
Car Michael Ballack a une façon bien à lui de surmonter l’échec. Après la défaite face à la Croatie, il convoque une réunion entre joueurs. «Nous nous sommes dit ce que nous avions à nous dire. Ni la presse, ni le staff technique n’a à savoir ce dont nous avons parlé» assume le capitaine. Sur le terrain, Michael est le patron. Il harangue sans cesse ces coéquipiers, donne dans le geste pour replacer ses partenaires. De quoi rassurer Oliver Bierhoff, le manager de l’équipe. «Ce n’est pas grave que Joachim Löw ne soit pas sur le banc à cause de sa suspension. Parce que Ballack sera sur le terrain».
Un match particulier
Les Portugais ont bien compris que Ballack soufflait le chaud et le froid dans la Mannschaft, et ils ont bien l’intention de casser le thermomètre. Petit, le milieu défensif portugais, a même dit qu’il allait «s’occuper de lui». Mais Ballack a intérêt à briller. Sur le banc d’en face, le meneur de jeu allemand va faire connaissance avec Luis Felipe Scolari. Dès la fin de l’Euro, le Brésilien sera l’entraîneur de l’Allemand à Chelsea. Mais ça aussi, Ballack s’en moque un peu: «Les Autrichiens aussi ont dit n’importe quoi avant le match contre nous. A les entendre, c’étaient eux qui avaient trois étoiles sur leur maillot. Quant à Scolari, je ne pense pas à ça. Je suis là pour faire gagner l’Allemagne». Et si l’Allemagne gagne, ce sera beaucoup grâce à lui.


















