Route du Rhum: «Je me suis fait peur plusieurs fois», Lalou Roucayrol revient sur son chavirage

VOILE Le skipper girondin, en sécurité, va maintenant essayer de ramener son multicoque à bon port…

Clément Carpentier

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Le skipper girondin Lalou Roucayrol.
Le skipper girondin Lalou Roucayrol. — DAMIEN MEYER / AFP
  • Lalou Roucayrol a chaviré dans la nuit de mardi à mercredi dernier.
  • Il a ensuite vécu quelques moments compliqués tout seul en mer avant d’être pris en charge par un concurrent.
  • Avec un remorqueur, il est reparti rechercher son bateau ce dimanche.

Il n’a toujours pas reposé pied à terre. Lalou Roucayrol est toujours au milieu de l’Atlantique après son chavirage dans la nuit de mardi à mercredi dernier sur la Route du Rhum. Pris en charge vendredi par un autre concurrent (Pierre Antoine), le skipper girondin a rejoint ce dimanche le remorqueur venu à leur rencontre afin qu’il puisse ramener son multicoque Arkema à l’arrivée en Guadeloupe. Il revient pour 20 Minutes sur ces jours, seul, en mer.

Que s’est-il passé dans la nuit de mardi à mercredi ?

Je venais d’avoir Karine Fauconnier (navigatrice expérimentée et membre du Team Arkema) un quart d’heure avant au téléphone et je lui disais que j’étais super content car tout était prêt pour affronter les grains (coups de vent) attendus. Je me sentais en sécurité. Et puis là, je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Le bateau a accéléré, il s’est planté dans une vague, il a fait que monter, il s’est maintenu un moment puis a fini par basculer.

Et après…

Je me suis servi de mon expérience de 2013 (Il avait chaviré avec Mayeul Riffet sur la Transat Jacques-Vabre). Le mercredi, c’était vraiment très compliqué. J’ai passé ma journée dans l’eau à sécuriser le bateau mais avec la mer qu’il y avait, je me suis fait peur plusieurs fois. J’ai pas mal dérivé.

Aviez-vous un endroit sécurisé ou à l’abri sur le bateau ?

J’avais un endroit sec qui me servait de sas et deux autres où je pouvais dormir en étant bien protégé. Le seul souci c’est qu’il faisait chaud à l’intérieur et qu’il y avait beaucoup d’humidité. C’est dommage car je n’avais plus de caméra donc je n’ai pas pu filmer. J’aurais bien aimé.

Lalou Roucayrol sur son multicoque Arlema après le chavirage.
Lalou Roucayrol sur son multicoque Arlema après le chavirage. - Marine Nationale

Moralement, cela a été dur ?

Je ne suis pas tombé dans le marasme. D’ailleurs pour la petite anecdote, je prends toujours un livre avec moi pour les transats. Et là, j’avais embarqué Propos sur le bonheur du philosophe Alain. C’est sur la façon de voir le bonheur et comme on l’apprécie, comment on le positive. Donc, ça tombait bien.

Il y a eu aussi un moment sympa avec un Falcon de l’armée qui est venu me survoler le mercredi. On a pu échanger en HF (Haute Fréquence). C’était un bon moment et ils ont pu rapidement voir que tout allait bien à bord.